‹ Essai sur la relation existant entre la cause de l'urémie et son expression symptomatiqueChapitre 5 sur 10 · Mort dans le coma · texte numérisé non relu

Mort dans le coma

Autopsie, quarante-deux heures après.

Crâne. — Pas d'injection des méninges ni de sérosité arachnoïdienne ; piqueté léger de la substance blanche ; pas d'épanchement ventriculaire, ni d'altération dans les autres parties de l’encéphale.

Thorax. — Rien aux poumons ni au cœur.

Tube digestif. — Légères arborisations en quelques points de l'estomac, du petit et du gros intestin.

Organes génito-urinaires. — Rein gauche mesure verticalement, 13 cent.; transversalement, 65 millim: A la coupe, il présente une infiltration plastique qui déborde et masque les pyramides. L’uretère gauche a le calibre du petit doigt.

Rein droit mesure verticalement 0,095 millim.; transversalement, 0,05 cent. On sent, en le pressant dans la main, une fluctuation comme profonde, et à la coupe il présente, en effet, dans son centre, une cavité assez large, contenant plus d’un verre d'urine. L'uretère droit a le volume du pouce, ses parois sont beaucoup plus amincies que celles du gauche.

La vessie contient un demi-verre d'urine à peine ; elle offre au niveau du trigône, une injection assez prononcée, un peu violacée, parois saines. Les orifices des uretères ne sont pas complètement fermés, car en pressant sur ces conduits, on

peut faire sourdre un peu d'urine, plus difficilement à droite.

Le vagin présente, dans sa partie supérieure, des saillies végétantes, parsemées d’ulcérations et recouvertes d’une matière pulpeuse, jaune verdâtre. Le col utérin est complétement détruit et remplacé par des ulcérations anfractueuses. La tumeur utérine repose sur les uretères qu'elle comprime.

Observation IV

Observation de MM. Béhier et Liouville, citée dans la thèse de M. Boudin.

CANCER DE L'UTÉRUS; CACHEXIE PROFONDE, TROUBLES URINAIRES. PHK- NOMÈNES URÉMIQUES. REFROIDISSEMENT PROGRESSIF. (CoMA. Mort. COMPRESSION ET ALTÉRATION DES URETÈRES DISTENDUS. HYDRONE- PHROSE ; NÉPHRITE ; ATROPHIE RÉNALE.

Femme cinquante-cinq ans; réglée à douze ans; règles régulières. Ménopause cinquante-un ans. En‘1870, perte de sang, développement d’un cancer utérin.

A son entrée à l’Hôtel-Dieu (1° janvier 1872), on note : anémie profonde, cachexie prononcée, diarrhée rebelle, cancer utérin.

8 janvier, sensation de refroidissement général. Température axillaire 36°8.

Troubles de l’urination qui était irrégulière et peu abondante, et aussi quelque désordre momentané de l'intelligence, de l'agitation et de la dyspnée.

La malade est morte dans la nuit du 12 au 13 janvier. Elle s'est éteinte lentement dans un état comateux profond, qui avait été remarqué dès l'après-midi. Pendant de longues heures, sa respiration a été bruyante et sifflante. La malade paraissait ne plus voir ni entendre. La fonction urinaire était suspendue. On a observé un refroidissement progressif du corps et accusé, augmentant de plus en plus à mesure que l’agonie se prononçait.

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