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Pour nous, elle parait avoir succombé avec les principaux signes du coma urémique.
Autopsie. — Vessie. — Très distendue, contenant environ un litre d'un liquide puriforme, verdâtre, déposant par le repos.
Uretères. — Très dilatés, du volume d'un intestin grêle. Le liquide contenu est clair, transparent, laisse déposer un résidu blanchâtre. M. Hæpfner y a constaté la présence de l’'urée. La muqueuse est altérée; à la surface, on voit de véritables colonnes, des anfractuosités.
« Les uretères, à leur issue dela vessie, étaient comprimés par une sorte de manchon cancéreux, qui avait amené une oblitération presque absolue, assez complète, pour ne laisser passer qu'avec peine un crin de cheval. »
Reins. — Durs, aspect lardacé : « On reconnaît une désintégration granulo-graisseuse, portée quelquefois très loin et qui est due à l’étouffement des éléments comprimés. » (Liouville.)
Observation V
Urémie dans un cas de cancer de l’utérus. M. Raymond, Bulletin de lu Socièté anatomique de 1875, 3e série, t. X, p. 113.
Hugonnier (Francoise), âgée de cinquante-neuf ans, entrée le 44 juin 1874 à la Salpétrière, service de M. Charcot. Cancer de l'utérus ayant eu son évolution habituelle, dans les quatre derniers jours de la vie, la malade urine difficilement ; diarrhée abondante, puis coma qui précède la mort de deux jours.
Autopsie. — L’uretère, du côté droit, est comprimé par le cancer utérin ; le rein, du même côté, très atrophié dans sa substance propre, présente un développement considérable du bassinet. Les deux uretères sont gros comme l'intestin grêle ; ils sont remplis d’un liquide clair, aqueux.
Observation VI — Résumée — CANCER DE L'UTÉRUS ; OBLITÉRATION DE L'URETÉRE GAUCHE :; ALTÉRATION DU REIN GAUCHE ; VOMISSEMENTS, COMA URÉMIQUE ; MORT Dr Boudin. Th. de Paris, 1876
Une femme, quarante-deux ans, blanchisseuse, entrée à l'hôpital de la Charité, salle Sainte-Madeleine, le 31 octobre 1874. Elle est dans un état cachectique avancé, on constate un énorme cancer de l'utérus faisant saillie dans le vagin. Quelque temps après son entrée, elle a de nombreux vomissements avec de la diarrhée. La malade devient somnolente ; le coma s'accentue peu à peu et la malade meurt dans cet état, le 17 février, avec une températureaxillaire de 36°, 1.
Autopsie. — Utérus. Partie supérieure saine. Le col est complétement détruit. À sa place, on trouve une masse fongueuse déchiquetée, irrégulière, de couleur grise.
Cette masse a gagné le bas-fond de la vessie, et une sorte de bourreletobstrue complètement l'orifice vésical del'uretère gauche, qui est fortement distendu par un liquide séreux et sans odeur.
Reins. Gauche, poli, jaunâtre, très aminci, d'aspect gras. Les deux substances corticales et médullaires sont peu distinctes. La capsule s’enlève bien, pas d'adhérences.
Le droit est sain, pale. Uretère correspondant libre.
Cœur et péricarde. Rien à noter.
Poumons. Pneumonie hypostatique à la base des deux côtés.
Observation VII D' Chandelux. Contribution à l'étude des lésions rénales, déterminées par les obstacles au cours de l'urine. Th. de Paris, 1876
HYPERTROPHIE DE LA PROSTATE. NÉPHRITE INTERSTITIELLE CHRONIQUE, DEVENUE AIGUE A LA SUITE DU CATHÉTÉRISME. OLIGURIE, URÉMIE, MORT
Homme, soixante-deux ans, entre à l’'Hôtel-Dieu (service de M. Chavanne), 13 février 1874. Antécédents : rhumatisme
à douze ans, disparu sans laisser lésions cardiaques. Pas alcoolique. Tousse depuis six mois, expectoration abondante. Depuis cette même époque, miction difficile. Envies fréquentes d’uriner, satisfaites après de grands efforts. Pas de blennorrhagie dans sa jeunesse.
Depuis trois semaines, léger œædème des membres inférieurs et de la face. Ventre météorisé. Constipation, vessie distendue, remonte jusqu'à deux travers de doigt au-dessus de l'ombilic.
Poumons. Elasticité diminuée : respiration rude: ràles sibilants assez nombreux.
Cœur. Rien.
Le toucher rectal fait sentir prostate dure, volumineuse : hypertrophie surtout dans son côté gauche.
Un peu d’albumine dans les urines.
Cathétérisme pratiqué le soir.
Nouveau cathétérisme pratiqué le lendemain matin, n’évacue que faible quantité d'urine.
Le soir, frissons, l'intelligence se perd. Coma de plus en plus prononcé sans délire.
Température, 35°1. Le malade meurt à quatre heures du matin.
Autopsie. — Vessie à large cavité, à parois épaisses. La muqueuse présente sur presque toute sa surface des hémorrhagies plus ou moins arborescentes. La prostate est très volumineuse et l'hypertrophie porte principalement sur le lobe gauche; à la coupe on la trouve constituée par un tissu fibroïde, criant sous le scalpel.
Les reins ont leurs calices très dilatés. Hypérémie très grande de la substance parenchymateuse. Au microscope, on découvre une hyperplasie très marquée du tissu intercanaliculaire.
En certains points de la surface, on aperçoit de petits abcès dont le volume varie, depuis celui d'une tête d'épingle jusqu'à celui d'un noyau de cerise. Ces abcès nombreux renferment du pus un peu rougeâtre. La capsule du rein est adhérente par places.
Observation VIII