‹ Essai Sur La Représentation Proportionnelle De La Majorité Et Des MinoritésChapitre 33 sur 101 · ÉD FD · texte numérisé non relu

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Schaerbeek (1); en 1891, M. Nyssens à la Société La Table Ronde de Louvain (2). Enfin les réformistes s'adressent au corps électoral lui-même. Le programme comporte généralement un meeting, une conférence et un essai pratique. Tels : M. Nyssens le 27 avril 1884 à Boussu-lez- Mons (3); M. Nyssens encore le 2 juin à Courtray (4); MM. Carlier et d'Hondt le 15 à Huy (5); l’année suivante, M. de Monge à Louvain (6); en avril 1887, M. Ch. Grimau à Uccle-lez-Bruxelles (7); le 17 mars 1892, le Comité de Association à la Bourse de Bruxelles (8); en novembre 1893, le baron P. de Hauleville à Bruxelles et à Malines (9).

Mais, mémoires aux académies, réunions internationales, conférences et essais publics n’ont fait que populariser le principe proportionnel et préparer l’opinion publique. Il reste à faire aboutir pratiquement la réforme. Les proportionnalistes membres des corps représentatifs déposent des propositions en ce sens, et à tous les membies du Parlement les associations adressent des pétitions, des comptes rendus, des extraits de revues, des brochures de propagande. Je me borne à indiquer ici cette intervention constante el très active auprès des pouvoirs législatifs : et nous allons voir dans la prochaine section qu’elle n’a été ni vaine ni inefficace.

Je tiens cependant à signaler le rapport de cause à effet

) Id. 1891, p. 182.

Me 1884, p. 126.

que j'établis entre l’action de l'initiative privée et les nombreuses applications du principe proportionnel. Et, en France surtout, il est utile de méditer et de suivre de tels exemples. Les sociétés réformistes de France, de Hollande, de Bohème n’ont été que des centres d’études. Mais toutes les autres ont été des foyers de propagande. Si je mets à part le Danemark où la réforme électorale fut l'œuvre d’un homme très influent, M. Andræ, partout où je vois appliquer la représentation proportionnelle, je trouve une association réformiste : en Suisse, en Italie, en Portugal, en Angleterre, aux Etats-Unis. Même leur influence passe les frontières, et il se crée des points secondaires : Allemagne du Sud, Espagne, colonies anglaises, Amérique centrale. Seuls, les grands efforts du comité belge n’ont pas été récompensés par le succès mérité et espéré : mais il ne faut voir là qu’un effet de circonstances locales et momentanées, et qu'un retard temporaire (1). Quant à l'Amérique du Sud, qui est un important milieu réformiste, je n’y connais pas d'associations, mais il en existe peut-être. En tout cas, là encore, le succès Ss’expliquerait par Paction individuelle et l'initiative privée : qu'il suffise de rappeler l’active propagande à laquelle se livrèrent les hommes de bonne volonté groupés au Brésil par MM. Cavalcanti et Alencar, et en Uruguay par M. de Arechaga.

(1) Le dernier numéro de la revue belge donne à ce sujet les meilleures espérances, À la suite des élections des 5 et 12 juillet 1896, le parti socialiste, par l'organe du Vooruit, a abandonné la représentation proportionnelle. En revanche, les deux grands partis catholique et libéral semblent vouloir s’entendre pour faire aboutir la réforme « Nous demeurons fidèles » à la R. P., écrit le grand journal catholique Le Bien Public, et la journée » du 12 juillet a raffermi nos convictions. » De son côté un des plus importants organes libéraux, L'Etoile, dit « que le véritable vaincu de la » journée du 12, c'est le régime majoritaire. » La victoire semble donc proche pour ces vaillants proportionnalistes belges qui n’ont jamais fléchi dans leurs convictions, ni ménagé leurs efforts, ni douté du succès.

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