‹ Essai Sur La Représentation Proportionnelle De La Majorité Et Des MinoritésChapitre 6 sur 101 · II. — Théorie de la souveraineté organique · texte numérisé non relu

II. — Théorie de la souveraineté organique

L'école historique tourne le problème plutôt qu’elle ne

(1) Henry Michel, L'Idée de l'Etat, Paris, 1896, p. 153. (2) Pollock, Oxford Lectures, and other Discourses, p. 42.

ENDO

le résout : elle admet sans les discuter tous les gouvernements et esquive le point difficile, la détermination du sujet du pouvoir. Avec la théorie de la souveraineté organique,

l'école de l'organisme social aborde franchement la ques-

tion : toute loi est obligatoire parce que tout gouvernement est légitime, et tout gouvernement est légitime parce qu'il est le produit naturel et nécessaire de cet être vivant qui constitue une nation et en qui réside la souveraineté. L'Etat est un être collectif ayant ses besoins propres superposés à ceux des unités qui le composent. La comparaison entre les faits biologiques et les faits sociologiques permet d'affirmer que les sociétés de divers degrés peuvent être assimilées à des organismes plus où moins avancés. Tout animal grandit aux dépens d’autres animaux ou de plantes dont 1} s’incorpore la substance nutritive. Les animaux inférieurs le font inconsciemment, chez les animaux supérieurs la vie de l’ensemble prédomine sur celle des cellules qui le composent, et chez les vertébrés la vie corporative de l’agrégat est devenue le fait fondamental. On suit les mêmes étapes dans l’évolution des organismes politiques. La vie collective, résultant de la dépendance mutuelle des actes des unités constitutives, apparaît et se développe à mesure que les organismes s’accroissent et sont mieux organisés, l’agrandissement de masse déterminant une complication de structure. Cette prépondérance croissante de la collectivité sur les unités est ce que Herbert Spencer appelle l'intégration politique. Les membres d'une horde sauvage qui ne sont pas solidement unis, Sans spécialisation du travail et division des fonctions, coopèrent en vue de leur entreiien ou de leur défense individuelle, s’occupant peu ou point de l’agrégat. Mais les progrès de l’organisation politique créent des sociétés plus étendues,

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