PO
faire, le courage nécessaire pour résister, soit aux mauvais conseils, soit à la crainte d’un blâme, venus des éléments inférieurs de l'opinion. Et ce n’est pas l’un des spectacles les moins intéressants ou les moins nobles du lemps où nous vivons, que ce progrès lent, mais continu, de la conscience. Je dis: du temps où nous vivons, car la préoccupation de la justice, si elle s’universalise, comme je le souhaite et l'espère, sera une conquête très précieuse et très certaine des temps modernes. Là comme ailleurs s'explique le mot célèbre de Henri de Saint-Simon : « L'âge d’or de l'humanité n’est pas » derrière nous : il est devant nous, » et celui de Paul Albert : « Les poètes ont placé l’âge d’or en arrière » comme un éternel souvenir. Nous le mettons en avant » comme une Imvincible espérance. »
Ce mot, où bien des illusions du siècle qui s'achève trouvent leur explication, mérite de demeurer dans les esprits pour les aider à prendre confiance et en eux-mêmes et en l’avenir. Persuadons-nous que la justice et le droit, loin d'avoir dit.leur dernier mot, ont à peine commencé de faire entendre une voix qui sera sûrement écoutée quelque jour : et tel est l'avenir de la représentation proportionnelle, avenir d'autant plus prochain que nous y travaillerons davantage. Partout où nous voyons se produire quelque acte individuel ou collectif qui nous paraît s'inspirer du droit et de la justice, saluons-le, pour rendre hommage à la conscience dont il est sorti et pour encourager l’éclosion d’actes analogues. Ne nous laissons pas aller à penser qu’un sentiment individuel est un ressort bien faible pour mouvoir la grande masse des Etats. Si ce sentiment se propage, ce n’est plus quelques individus, c’est l'Etat lui-même qui y obéira dans toute sa conduite. Il y à
Jà d'assez belles s perspectives. pour que chacun se | sente animé — et aussi obligé — à prendre sa part dans ce qu’ un. grand juriste de J'Allemagne contemporaine, a appelé la 14 je lutte pour le droit.