‹ Essai Sur La Représentation Proportionnelle De La Majorité Et Des MinoritésChapitre 73 sur 101 · TA. ASS · texte numérisé non relu

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dans leurs droits. C’est ainsi qu'aux deuxièmes élections de Birmingham, les libéraux, ayant acquis la conscience de leurs forces réelles, ont renoncé à prétendre à un plus grand nombre de sièges que celui auquel ils avaient droit : en concentrant leurs suffrages ils ont obtenu huit sièges sur quinze et la majorité (1). Le défaut du vote cumulatif trouve donc son remède dans une pratique intelligente, tandis que dans nos lois actuelles l’écrasement des minorités résulte de la loi et ne souffre pas de remède. Le vote cumulatif est assez avantageux pour que son adoption soit un triomphe pour la cause de la réforme, sans être cependant de nature à satisfaire pleinement.

En effet, où se trouve le remède aux inconvénients du vote cumulatif? Dans un calcul fait par les chefs de partis et dans l’exacte discipline de leurs adhérents. Cette discipline nécessaire détruit l'indépendance individuelle : pour réaliser la justice entre les partis, il faut sacrifier une part de la liberté des électeurs.

Donc le vote cumulatif ne donne que des résultats proportionnels hypothétiques. À condition de ne pas respecter la liberté des électeurs, il donne des résultats proportionnels plus assurés, mais encore incertains. En somme, c’est le meilleur des systèmes minoritaires, mais il est trop imparfait pour nous satisfaire.

Le vice du vote cumulatif, c’est la masse des votes superflus ou perdus. Pour réaliser la proportionnalité, il faudrait un mode de transfert utilisant l'excédent de suffrages. Ceci montre une fois de plus que le transfert de suffrages est la condition absolue d’un système vraiment proportionnel.

(1) Ernest Naville, loc. cit., p. 33.

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