PRET OR RES CRE PP
des procédés d’application de la règle de trois. Le quotient à
est employé lorsqu'il s’agit de répartir des quantités divi-
sibles. Si ce sont des quantités indivisibles, le quotient ne É
peut servir que si ces quantités lui sont identiques ou en sont des multiples exacts : mais c’est là une hypothèse toute théorique, et en pratique il y a des fractions. Or on ne peut attribuer aux plus fortes de ces fractions les quantités non réparties, il faut faire le calcul de réduction de ces
fractions à l'unité. Mais ce calcul est compliqué. Et l’on
arrive au même résultat plus rapidement et aussi sûrement par le commun diviseur. C’est pourquoi il faut limiter
l'emploi du quotient à la répartition des quantités divisibles
et se servir du commun diviseur pour la répartition des quantités indivisibles. L’exactitude de ce dernier procédé ne saurait donc être contestée par ceux — et ils sont tout le monde — qui reconnaissent l’exactitude de la règle de trois. Pour répartir des quantités indivisibles on ne peut se servir ni du quotient pur qui est insuffisant, ni du quo-
tient avec fractions forcées qui est inexact. Il faut user du
quotient avec réduction des fractions à l’unité, ou de préférence du commun diviseur qui n’est autre que ce procédé facilité et simplifié.
Troisième objection. La règle de trois et le quotient sont des notions faciles à saisir ; le commun diviseur est abstrait et scientifique. Il ne sera jamais compris de la foule, et, toujours impopulaire, sera toujours inapplicable. | Remarquons tout d'abord qu'il ne saurait être question d'adopter le quotient avec fractions forcées : si c’est un procédé facile . saisir, c’est un procédé inexact. Or la loi ne doit jamais sanctionner que la vérité, lors même que le peuple ne la perçoit pas. Et tel est bien l’avis de ceux qui soulèvent cette objection, car ce sont des proportionnalistes. Mais, la répartition devant être faite conformément aux résultats donnés par le commun diviseur, il y a trois moyens d'arriver à ces résultats : ou bien appliquer le quotient, puis réduire les fractious à l’unité ; ou bien calculer directement le commun diviseur par un procédé ad hoc; ou bien appliquer le quotient, puis répartir les sièges non attribués en se servant du commun diviseur. Il ne saurait être question du premier moyen : très abstrait comme démonstration théorique, très dur dans la pratique, il est inapplicable. C’est donc le troisième qui est proposé.
C’est un procédé exact, mais long. Il faut se servir d’abord du quotient ; calculer ensuite le commun diviseur ; répartir enfin les sièges non pourvus en se conformant aux résultats que donnerait le commun diviseur. Je n'aurai garde cependant de le critiquer, s’il est-vrai que le peuple soit très accessible à la notion du quotient et que l’on puisse par ce détour faire adopter la représentation proportionnelle. J'ai pourtant queique lieu de croire que le commun diviseur pur serait tout aussi facilement admis : il fonctionne à Soleure, au Tessin, en Belgique, il y est compris et il n’y est pas impopulaire.