LES
— c'est-à-dire la connaissance réflexe (1) — des
causes de notre activité.
Cependant nous ne voulons pas dire que, même au point de vue philosophique, l'intention soit absolument distincte et indépendante de la volition, car elle porte justement sur les faits mémes qui seront les raisons suflisantes de la volonté — c'est-à-dire sur les motifs et sur les mobiles d'activité. — Nous nous contentons de constater que pour le philosophe, l'intention est l’œuvre de l'intelligence travaillant pour la volonté.
Pour le jurisconsulte, beaucoup plus que pour le philosophe, l'intention est un acte mixte de la volonté et de l'intelligence. C’est l'intelligence qui à la fois conçoit et se décide, tend vers un acte — c'est-à-dire commence l’activité volontaire — « tendere in ».
On peut dire que pour le philosophe, l'intention est platonique, tandis que pour le jurisconsulte, elle est déjà active. Elle est essentiellement, en philosophie, l'examen des causes de l’activité, plutôt que leur adoption et l'effort pour les réaliser.
Ainsi, — sauf en ce qui concerne les délits d’im-
(1) Ou mieux réfléchie.
prudence — la volonté et l'intention, suivant les jurisconsultes, sont tellement liées l’une à l’autre que la distinction en est fort difficile, si bien que les juges de Château-Thierry eux-mêmes — que les questions relevant de la justice sociale passionnent — n’ont pas su faire la distinction de ces deux éléments théoriques, dans un cas fameux que nous étudierons. Sans doute les faits pénaux d’imprudence impliquent la volonté, mais non l’intention juridique ; en eux la distinction de ces deux éléments apparaît assez bien. Mais, dans les cas ordinaires, dans un vrai délit, dans tout délit, où finit l'intention ? où commence la volonté ? puisque pour
nous la volonté est concomittante à l'intention...
Garraud, en étudiant la faute dolosive ou intentionnelle, dit que l'échelle de la responsabilité pénale commence à l’imprudence la plus légère, pour finir à la volonté coupable la plus méchante. Il se place à deux points de vue : au point de vue de l'intention de l’agent, qu’il appelle le point de vue subjectif, puis au point de vue des conséquences
de l'infraction, qu’il nomme le point de vue objectif.
L’intention de l'agent — on ne peut le contester — est surtout produite par son intelligence qui
discerne. Les conséquences de l'infraction sont
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