RAGE
mieux l'intention est déjà le commencement de la volition. Et chaque fois que cette dernière ne peut pas exister, que l’activité est occasionnée par une contrainte physique ou morale de celles que prévoit l’article 64 du Code penal, l'intention ne peut exister également. Mais inversement, il peut y avoir volonté d’agir et défaut d'intention pénale (1). Telle est assurément la théorie juri-
dique de la volonté et de l’intention.
Nous sommes tentés de dire que cette définition juridique de l'intention et de la volonté n'est pas suflisante, qu’elle ne pousse pas assez loin l'analyse psychologique. Peut-être pour les tribunaux, qui ont à motiver sommairement leurs décisions, peut elle être considérée comme satisfactoire; mais nous, qui voulons, par une dissection psychique, étudier l'acte volontaire, nous ne nous en contenterons pas.
Pour les philosophes, beaucoup plus que pour les jurisconsultes, l'intention suppose l'intelligence, parce que l'intelligence est la faculté de
connaître et parce que l'intention est la conscience
(1) Aïnsi l’automobiliste qui, voulant faire de la vitesse, vient à écraser un piéton, n'a pas eu d'intention pénale. Nous trouvons du reste cette absence d'intention dans tous les délits d'imprudence.
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