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Il en est de même dans l’hallucination : l’halluciné a une sensation et une image qui ne correspondent à aucun objet réel présent. Son cerveau malade entre spontanément en vibration, sans impressions extérieures. Des images anormales se produisent alors, avec des caractères trompeurs et faux. La volonté n’a plus d'action, l'attention est impossible, parconséquent la réflexion et la liberté sont inexistantes.
Nous avons besoin d'ajouter que la folie a des causes analogues. Une lésion au cerveau provoque des impressions imaginaires qui suscitent des actes conformes — réflexes pour ainsi dire — sans raison, sans délibération, sans conscience des
mobiles, sans liberté d’agir.
Nous allons maintenant étudier des faits pénaux beaucoup plus intéressants : les crimes et délits passionnels.
Crimes et délits passionnels ! ! noms merveilleux qui couvrent souvent de bien vilaines choses... L'avocat n’a qu’à évoquer leur appellation prestigieuse devant le jury — ce jury que Jaurès appelle la conscience du pays — pour obtenir un pardon assuré, un acquittement certain. Et nous ne pou-
vons résister à l'envie de citer quelques lignes de
TS APS notre confrère parisien, M° de Monzie (1), qui peint le crime passionnel avec une superbe maitrise : |
€ Stendhal, dit-il, qui aimait l'amour, l'énergie et les beaux meurtres, se plaignait que la France fût indigente de crimes passionnels..…..… Les mœurs ont changé depuis Stendhal; chaque semaine, Othello tue Desdémone dans un faubourg, et les campagnes souvent s'éveillent au bruit de quelques tragédies domestiques où paraît leur âme d'amour sournois et de haïne patiente. Ce sont, ici et là, vengeances de fiancée trahie ou d’époux trompé, suicides d’amoureux en détresse dont le survivant doit porter la peine et les crimes de lendemains d’amour — les infanticides. — Les plus notables de ces meurtriers entrent vite dans la gloire des légendes : le juge d'instruction, cet ami indiscret, livre leurs bons mots et leurs écrits à la chronique attentive ; et leurs noms, désormais fameux, iront peut-être jusqu'aux petits enfants des villages, sur le rythme nasillard d’une complainte. |
« Longtemps avant leur comparution en Cour
(1) Le jury contemporain et les crimes passionnels. — Discours prononcé par M. A. de Monzie, avocat à la Cour d'appel, secrétaire de la Conférence, le 7 décembre 1901.