‹ Essai sur la responsabilité pénale en général et plus particulièrement dans ses rapports avec l'hypnotismeChapitre 6 sur 38 · SR OT · texte numérisé non relu

SR OT

Nous examinerons notamment si, dans sa vie psychologique, l’homme peut agir autrement que comme un homme — c'est-à-dire s’il peut agir sans cette conscience intelligente, rationnelle et sans cette volonté en dehors desquelles les sociétés perdent, selon nous, le droit de

punir. —

La science nous ouvrira ses trésors ; les grands systèmes modernes nous fourniront leurs expériences ; l'actualité, les grands procès contemporains. L'école de Paris, l’école de Nancy, les psycho-physiciens, les philosophes, les juristes viendront nous apporter, chacun, leur contingent d’études et de conclusions. Et nous nous efforcerons de dégager partout un grand principe dont nous avons toujours reconnu l'existence : le principe de l'indestructibilité de la conscience morale — c'est-à-dire de l'intelligence et de la

volonté. —

Nous dégagerons encore de tout cela cet autre principe : que le Code mesure la responsabilité à la conscience intelligente et à la volonté de l’agent et que, dans les cas spéciaux prévus par les psycho-physiciens — et nous les étudierons tout

spécialement — le calcul de cette responsabilité

peut être établi d’après des tables (1), suivant l'intensité de la conscience morale et de la volonté libre.

Nous comprendrons alors le principe général, inscrit dans nos lois, principe qui s’énonce dans des cas divers et qui édicte une sanction plus ou moins sévère, suivant que la conscience morale et la volonté sont plus ou moins fortes. Ainsi dans la préméditation (art. 296), la réflexion éclairant l'intelligence rend la conscience morale plus claire et la responsabilité plus grande. A l'inverse, souvent les passions : la colère, l’indignation par exemple, rendent la volonté moins libre et partant

diminuent la responsabilité (art. 321, 324, 325).

(1) C'est-à-dire d’après des proportions invariables et toujours identiques.

Page 1