‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 10 sur 224 · ma · texte numérisé non relu

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de l'Héliée, qui dès cette époque fonctionnait régulièrement à Athènes. A la vérité, ni Diodore ni aucun autre historien ne le disent expressément, mais la justice parle peuple était, comme on sait, en Grèce, un des principes fondamentaux, un dogne des constitutions démocratiques.

En même temps se produisaient les premiers débats politiques devant Vecclésia populaire'. La discussion publique des grands intérêts de l'État, et plus^engore les querelles ardentes des partis fournjrerit dès le début à l'éloquence délibérative une riche matière. A la suite de plusieurs tentatives de restauration monarchique, dont la plus connue est celle de TynJaridès, on avait à Syracuse armé l'assemblée d'une sorte de loi des suspects, le pétalisme, calqué sur l'ostracisme athénien. Cette loi permettait de bannir pour cinq ans tout citoyen dont les menées ambitieuses, ou simplement la richesse et l'inflluence, semblaient menacer la liberté publique ^ Le pétalisme eut sans contredit de salutaires effets, comme sauvegarde des institutions démocratiques encore mal affermies. Mais l'abus qu'on en fît, dit Diodore, finit par écarter peu à peu de la politique les meilleurs citoyens; par crainte de l'exil, les honnêtes gens laissaient le champ libre aux démagogues et aux sycophantes, produit spontané et fîéau des républiques antiques. La ville était en proie à des troubles civils et à des factions sans cesse renaissantes. C'est ainsi que, bien avant Athènes, Syracuse connut tous les excès de la démagogie. En même temps la moralité générale baissait rapidement; un fossé, chaque jour plus profond, se creusait entre la génération précédente et celle qui arrivait aux affaires.

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