l'* Tétralogie, I
më^Prêuve : il n'avait pas d'autre moyen d'échapper à' une condamnation capitale. La seconde revient à ceci : L'accusé n'avait aucun espoir d'échapper à ûné condamnation capitale. Preuve : il a tué. En un mot donc, ce qui était matière à prouver dans la première proposition est devenu preuve dans la seconde, et inversement : on voit clairement le sophisme '.
Mais où se montre de la façon la plus nette l'influence des sophistes, c'est dans la 2' Tétralogie. Dans un gymnase, où des jeunes gens s exerçaient au jet du javelot, un enfant, qui était simple spectateur, a été atteint mortellement : le père de la victime attaque le jeune homme qui a lancé le javelot. Voilà l'espèce. fic- / ■ tive iniaginée par Antiphon. Ne rappelle-t-elle pas de tout point les djsputes éristjgues? Par une coïncidence curieuse Plutarque nous apprend même que Périclès avait passé une journée entière à discuter avec Protagoras sur un fait tout semblable, l'n pentathle avant tué par imprudence d'un coup de javelot un certain Epitimos de Pharsale, il s'agissait de déterminer l'auteur responsable de l'accident : était-ce le pentathle, ou les agonothètes, ou le javelot?^ On comprend que ce cas
iait tenté la souple dialectique de Protagoras. La question à résoudre, en effet, est purement logique : il s'agit d'analjser eLiie^définir l'idée d'imprudence, et, la définition une fois trouvée," de voir auquel des personnages mis en cause elle s'applique. AinsL procède Antiphon. Il commence par cette définition : « Doit être dite l'auteur
1. Blass (Vie aUische Beredsamkeit, 1, ri» éd. \)\y. 121-2) signale également une pélilion de principe dans le discours Hur le meurtre d'Uérodès, 73. « Sachez bien que je mérite votre pitié beau» coup plus qu'un cliatiment. Le châliment revient, en effet, aux coupables, la pitié à ceux qui sont l'objet d'une accusation injuste. >>