‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 102 sur 224 · Plutarque, Vie de Périclès, 3G · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de Périclès, 3G

d'un accident toute personne qui manque le but qu'elle se proposait, mais non celle qui n'a fait ou subi que ce qu'elle voulait '. » Et à la lumière de ce principe il examine la conduite des deux jeunes gens. Lequel a manqué ce qu'il voulait faire? La victime. Voulant en effet traverser le champ de tir, elle n'a pas su saisir le moment favorable. Quant au tireur, il n'a rien fait que de volontaire, il a lancé son trait comme il voulait, et au moment où il voulait, et par suite il n'a pas plus de part au meurtre qu'aucun de ceux qui s'exerçaient avec lui. « Si c'est parce que mon fils tirait que le sien est mort, tous ceux qui s'exerçaient en même temps tomberaient sous le coup de l'accusation; ce n'est pas, en effet, pour n'avoir point tiré qu'ils ne l'ont pas frappé, mais parce qu'il ne s'est pas offert à leurs coups ^. » Ayant ainsi rejeté sur la victime la responsabilité de l'accident, l'accusé couronne toute sa démonstration par ce paradoxe : « N'ayez crainte que la présence du coupable souille la ville : puisque la victime et le meurtrier ne font qu'un, le coupable a été puni, et ainsi le crime n'est pas resté sans vengeance ^ » Antiphon a signalé lui-même le caractère tout sophistique de cette discussion : à plusieurs reprises le défenseur s'excuse de présenter des arguments « qui peuvent paraître subtils ou recherchés » (âxp-.- 6z<s':spsy f, ûç 56vï;0î; — i'/.rflfj |j.£v, Xzzzi iï y.«'i ày.p'.S-^'^). En résumé, de même que nous avons reconnu plus haut

1. 2e Tétralogie, 2, 0. Je lis ainsi ce passage : o" ts fip aoaptdivovTs;

«Lv Sv imw/flwil Tt SpSaai, outoi ;:pdiy.TopE; tCiv dl/.oua(ajv £Î(j(v • oT te IxiuatiSv Tt SfûvTE; fi î;ioyovT£ç, ojtoi tc5v naOTitiittov aî-iot <^ oi ^ yli-ionixx. L'ad-

dition de où rend fort claire cette phrase, tant torturée par les éditeurs.

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