Ibid
4. Ibid., 2, 2; 4, 2. — Quant à l'accusateur, il qualifie cette argumentation de rovrjpi Xifwv (Jxp(66ioi (3, 3).
dans Antiphon l'élève de Tisias ou de Théodoros, nous trouvons ici l'émule des éristiques. et en particulier de Protaaoras. Tout cela nous montre en lui un rhéteur très informé, à l'affût de toutes les nouveautés et de toutes les inventions dont son enseignement peut tirer parti.
Mais il ne faut pas oublier qu'Antiphon était lui-même chef d'école et l'un des technographes les plus renommés de son temps'. Parmi les innovations techniques dont il convient de lui faire honneur, signalons en particulier un système d'argumentation qui est chez lui fondamental, car il l'a reproduit dans ses trois discours réels. Voici les principaux passages où il se rencontre. Dans le plaidoyer Contre la marâtre l'accusateur reproche à ses adversaires de s'être refusés à une proposition de torture {% 6-14). Dans le plaidoyer Sur le meurtre d'Hérodès c'est l'accusé qui élève contre les accusateurs deux griefs : i" la procédure suivie contre lui est illégale (| 8-20); 2" ils ont fait disparaître un esclave qui eût dû être mis à la torture en sa présence ^ 35-38). Enfin dans le discours Sur le Choreute l'accusé incrimine deux actes de son adversaire : i" celui-ci s'est refusé à une offre de torture (| 24-30); 2" il a longtemps diff'éré sa poursuite, gardant jusqu'à la veille, au vu et au su de tous, des relations cordiales avec l'accusé (§ 42-48). Voilà certes des griefs de nature fort différente. Cependant chacun d'eux est le point d'attache d'un raisonnement identique qui, par des phases prévues, conduit à la même conclusion. D'abord l'orateur montre que l'acte dont il s'agit est étrange et tout l'opposé de ce qu'eût fait un plaideur soucieux de la vérité et de la justice. « Les autres hommes donnent au dénonciateur, si c'est une personne libre, de l'argent; si c'est