Deiiys crHalic, Première lettre ci Animée, c
un esclave, la liberté. Mais eux, ils ont donné au dénonciateur pour récompense la mort. » {Meurtre d'IJérodès, 34.) « Les autres hommes, quand ils sont l'objet d'une dénonciation, s'emparent du dénonciateur et le font disparaître : ici, au contraire, ce sont ceux qui maccusent qui ont fait disparaître le dénonciateur. » (Ibid., 38.) « Les autres hommes appuient leurs dires par des faits; mais eux, c'est par de simples dires qu'ils cherchent à rendre suspects les faits. » [Meurtre d'Hérodès, 84. Choreute, 47.) Voilà le premier point. Dans le second l'orateur analyse l'acte incriminé et il en démasque les mobiles et le but déloyaux (-yvw^t;). Pourquoi " l'adversaire s'est-il opposé à la torture? « Parce qu'il savait trop bien que l'épreuve ne tournerait pas à son profit, et qu'à aucun prix il ne voulait la lumière. » (Marâtre, 8-1 3. Meurtre d'Hérodès, 35. Choreute. 24.1 Pourquoi l'adversaire a-t-il fait choix d'une procédure irrégulière? « Parce qu'il désespérait d'avoir gain de cause, s'il ne me frustrait d'abord des garanties que m'accorde la loi. » {Meurtre d'Hérodès, 16-18.) Pourquoi l'accusateur a-t-il tant tardé à déposer sa plainte? «. Parce qu'en son âme et conscience il ne croyait pas lui-même à ma culpabilité. » {Choreute, 46.) Etc.. L'orateur pourrait, sans plus tarder, conclure que son adversaire a trahi de la sorte son peu de confiance en sa cause. Mais cette conclusion , Antiphon aime à la faire sortir, plus pressante et plus impérieuse, d'un raisonnement complexe : c'est le troisième point. « Si mon adversaire était venu m'ofllrir de livrer .mes esclaves à la torture, et que moi j'eusse refusé de les recevoir, il trouverait là, j'en suis certain, un indice capital de mon innocence. » Tour ingénieux qui, en renversant les termes du débat, force pour ainsi dire l'adversaire d'acquiescer à la déduction qui suit : « Mais,
puisque c'est moi qui ai demandé qu'on recourût à la torture..., il m'appartient, ce me semble, d'user des miîmes indices pour soutenir qu'il est coupable du meurtre. » {Marâtre, 11-12). Le dernier pomtest une brève antithèse, qui résume tout le raisonnement. Elle offre'plusieurs variantes. « Pour moi, [e trouve étrange qu'ils cherchent à vous fléchir par leurs prières, alors qu'ils n'ont pas voulu être leurs propres juges, en livrant leurs esclaves à la torture. » (Marâtre, 12.) « Par leur refus ils m'ont déclaré hors de cause, et ils ont porté témoignage eux-mêmes de l'injustice et de la fausseté de leurs accusations. » (Choreute, 32). « Ce qu'ils n'ont pu se persuader à eux-mêmes, ils se flattent de vous le persuader; et, alors qu'ils ont en fait prononcé eux-mêmes mon acquittement, ils vous demandent ma condamnation. » (Ibid.. 47.) « Par le choix d'une procédure illégale, ils ont rendu légitime et juste mon acquittement. » (Meurtre d'Hérodès, 9.) On voit l'originalité de cette argumentation. Antiphon lui-même l'appelle un -rïvtjxYipiîv sy. twv Tpiv;xiT(.)v. Il s'agit de découvrir dans la conduite de l'adversaire quelque fait révélateur d'où l'on puisse induire qu'il a peur de la lumière et de la vérité. Par là, conclut-on, il a lui-même avoué le malfondé de sa cause; et cet aveu dispense les juges de tout autre examen.
/ M. Blass a très bien montré le but et la portée de
/ cette dialectique : « Antjphon , dit-il , se garde en gé-
/ néral d'entrer dans le détail des faits et de tirer de là
des conclusions; il préfère s'en tenir aux preuves ex-
1 térieures, tortures et autres du même genre; dans un
\ cas il insiste, en outre, avec beaucoup d'énergie sur
une illégalité de forme'... Si ce n'est pas la voie la