‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 116 sur 224 · Rkelores graeci, Walz IV, p · texte numérisé non relu

Rkelores graeci, Walz IV, p

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en quelque mesure aussi le fruit de l'observation et de l'étude'.

On ne sait au juste ce qu'il faut entendre par ces •'.•.«•. xé-/.v»t qu'avait laissées Isée, au témoignage de Plutarque. Il y a apparence pourtant que c'étaient des lieux communs; car on rencontre dans ses plaidoyers nombre de développements généraux qui ont évidemment ce caractère. D'après cela il semblerait qu'Isée eût rédigé, tant pour son usage personnel que pour son enseignement, une collection de modèles s'adaptant à trois des parties du discours : exorde, péroraison, preuves extrinsèques (âTS/Vîl).

Dans la première catégorie signalons d'abord un exorde d'accusation qu'on peutrecomposerainsi.alEn un premier paragraphe (qui devait varier selon les circonstances de la cause), l'accusateur déplorait de n'avoir pu, en dépit de tous ses efiorts, amener son adversaire à un accommodement. « Je me vois donc obligé, concluait-il, de plaider devant vous pour faire valoir mes droits. » ^1 fl opposait ensuite l'éloquence et les manœuvres de ses adversaires à sa propre inexpérience, c) exprimant néanmoins l'espoir de parler assez bien pour prouver la bonté de sa cause, d) et priant les juges de l'écouter avec bienveillance et de lui accorder justice, e) Cette prière, il la motivait en affirmant que jamais adversaires n'avaient commis l'injustice avec tant d'impudence : /) ce qu'il s'engageait du reste à prouver par des raisons irréfutables, g) Formule de transition au récit. Ce lieu com-

1. M. Blass {oui:i-. vile, I, S" éd., p. :W2, n. I) signale ing^nipu- .seiiipnt dans le plaidoyer Sur Vlnrnlide, 1518, un développement qui peut nous donner quelque idée des napaoxsua!. L'orateur l'annonce lui-même comme un lieu commun ; il veut apprendre, dit-il,

k ses juges o'; ■C l^/iofit -zwt «vOpw-djv jôpi^Tïi; e'vai xai o'; w npoi^^xît. Et ces mots pourraient en effet servir de litre à tout le morceau.

mun a une histoire intéressante : c'est dans le plaidoyer d'Isée Sur l'héritage de Kiron que nous le iisoiss d'abord, et il y est à peu près complet". Il en reste quelques traces également dans le discours Sur l'héritage d'Aristarchos'. Puis Démosthène, son élève, s'en empare, et dès lors en fait l'exorde-type, en quelque sorte, de ses plaidoyers civils. Nous le retrouvons en elïet, plus ou moins complet, dans trois des discours sur la tutelle, savoir : dans le I" et le 111"= Contre Aphobos^, et dans le I" Contre Onétor (363-36 1 av. J.-C.j^. On sait du reste combien l'influence d'Isée dans ces œuvres de jeunesse est marquée, et qu'une tradition allait même jusqu'à lui en attribuer la paternité^ Ce qui est plus étonnant, c'est que, quinze ans après (vers 345), on voit Démosthène, dans la pleine originalité de son talent, s'inspirer encore du même lieu commun dans ses plaidoyers Contre Pantœnétos^ et Contre Nausimachos''.

Voici, d'autre part, un fragment d'épilogue d'Isée où je reconnais également sans hésiter un lieu commun. Il a en effet été employé au moins deux fois par Isée, dans le plaidoyer Sur l'héritage de Kiron^, et dans un autre, aujourd'hui perdu, dont Denys d'Halicarnasse nous a transcrit un fragment'. Et Démosthène, à son tour, s'en est visiblement souvenu dans trois des plaidoyers sur la tutelle'".

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