Fragm. 185 Kock
cide l'utilise pour son plaidoyer Sur les Mystères, se bornant, comme nous le verrons tout à l'heure, à y insérer deux ou trois interpolations mal fondues dans l'ensemble '. Mais la copie la plus rapprochée de l'original, c'est sans contredit celle que nous a conservée le plaidoyer de Lvsias Sur les biens d'Aristophane , écrit vers 387". Antérieurement déjà (4o3), le même orateur s'était servi de ce lieu commun dans son discours Sur le dépôt, dont il nous reste quelques mots-*. Isocrate à son tour, composant en 353 son Antidosis, s'en est souvenu, et l'a paraphrasé librement^. Enfin nous en discernons encore les traces, moins nettes, chez Eschine, au début de ses harangues Sur l'ambassade (343)^ et Contre Ctésiphon (33o)''. — Impossible de dire de qui est cet exorde. Toutefois, puisque dès 423 on le parodiait au théâtre, on ne saurait guère hésiter à cette date qu'entre deux noms, Antiphon et Thrasymachos, auteurs tous les deux d'un recueil de r.oz'J.\):.i. Peut-être même y a-t-il moyen de préciser davantage. M. Blass a fait la remarque que Thrasymachos, dans les fragments conser-
2. % 2-6, 11. — Cf. un fragment île Lysiîis cité par Stobée, Florileg. XLVI, lUl.
3. Ttjv |jlÈv nïpaa/.£u>iv /.a"! ijjv 7:poÔu;/!av -îh't ivt'.oizwv ôpir:, m i. S. (Clément d'Alex., VI. p. 234 B.)
4. I 17-19. — Une phrase du plaidoyer .Sur l'Atlelage (.397 av. J.-C.) semble également uni' réminiscence de ce lieu commun (§7) : oïiti) aïtpô)? iT.ihv^ti xJTO-j; ■^sjooaivou; (ôaTS r*fà [j.ev tSiv 7.aTTjY<5f(uv f(SJ(iiç. 5v 6 ô^;ao; 5(/.r,v £'Xa6î.
6. 1 1. — .\joutons enlin que l'auteur de la Rhétorique à Alexandre connaît, lui aussi, celle formule il'exorde : àv. 51 ■/.si-:r,-^oçtî'i /r.r] ôiaSoXTJj, )tat Xi^ti'i i>; osivoj xs't xo'.vbv /.at r.oXkUf^ xay.ûiv atTiov • l[ji<pïvt3T£ov S' 8t'. /.ï\ tzo'kX'À ffi^i oi£ç6ior|5av àhUio; O'.T.Q.rfiii-îç. -/pr, Bl xai Z'.ôii/.v.v 6);
tirfiii loT'.v...., [iT) T.xpi r:ivi(o'> lo'j; Xd-fou; à/.oOovTï;, taT; h'.un BtaÇo-
Xxti SuaryEpaîvE'.v (c. 29).
vés, évitait déjà visiblement l'hiatus', tandis que ce souci ne se montre pas encore dans notre exorde. Ce qui conduit à assigner ce morceau à Antipiion".
Bien plus fréquents encore devaient être les emprunts de ce genre dans les plaidoyers qui n'étaient pas destinés à survivre au procès. A l'inverse de Petit-Jean, leur confrère, ce que savaient le moins la plupart des plaideurs attiques, c'était leur coniinencement — et leur (in. Les recueils de llp:s([j.ia -/.ai à;:;/,;-;:', leur étaient par suite un précieux secours, (^est ce qu'on peut voir notamment par l'exemple d'y\ndocide. Andocide n'a été ni rhéteur, ni logographe; ce n'est même pas un orateur de métier. Toutefois c'est un talent naturel et facile, et qui a profité, au moins superficiellement, de la culture générale de son temps. Capable de composer un récit clair, vif, pathétique même, il est moins à l'aise dans les autres parties du discours, qui exif^ent plus de préparation technique ; aussi est-ce pour lui une bonne fortune que de trouver, à l'occasion, un exorde tout fait. Vovez en particulier celui du plaidoyer Sur les Mystères. Cet exorde n'est autre chose, dans son ensemble, que le lieu commun anonyme dont nous venons de parler. Mais au beau milieu Andocide a inséré, assez gauchement d'ailleurs, une longue digression, dans laquelle il prie les juges de considérer qu'il comparaît de\ant eux librement et sans contrainte, et de voir là un signe manifeste de son innocence '. A cette digression s'en rattache une autre, où l'orateur proteste contre les projets de fuite que lui attribuaient ses adversaires '. Après quoi il re-
1. Voir, sur la rareté des hiatus dans les fragments de Tlirasyniaclios, Blasa, Die attische Beredsoml<eil, I (".''' i''(l.), ji. 250.