Aniidosis, l«!l
;i Ibid.
h. Antidosis, l'.II.
Quant à la théorie, Isocrate en parle au contraire en termes très modestes, et qui font contraste avec les pompeuses promesses des sophistes. Ce n'est pas lui qui se vanterait d'être en possession d'une science permeltantde former à volonté des orateurs parfaits : « L'instruction apporte un art plus savant et de plus grandes ressources pour l'invention : ce qu'on ne faisait que rencontrer par aventure, elle enseigne à le trouver avec plus de sûreté. Pour ceux d'une nature inférieure, elle ne saurait en faire ni de grands orateurs d'action ni des rhéteurs distingués; mais elle pourra les rendre supérieurs à euxmêmes, et à beaucoup d'égards plus capables'. »
De ces trois conditions l'élève doit naturellement apporter lui-même la première : l'exercice et l'instruction théorique, au contraire, réclament le concours du maître.
^2. — La théorie.
Est-il possible de reconstituer, au moins dans ses grandes lignes, l'enseignement théorique d'isocrate? Nous disposons pour cela de trois groupes de matériaux. Très précieux d'abord sont une demi-douzaine de fragments d'une tcclinè qui courait dans l'antiquité sous le nom d'isocrate'. Mais cette lechnè était-elle authentique ? A vrai dire, rien de moins isocratique dans la forme : l'expression v est elliptique, nue, toute hérissée d'hiatus. Un point est donc hors de doute : c'est que le rédacteur de l'ouvrage n'était pas Isocrate lui-même. Mais, à ne considérer que le contenu de ces débris, on