‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 126 sur 224 · Contre les Sophistes, iô · texte numérisé non relu

Contre les Sophistes, iô

2. Voir ces fragments dans l'éditlun iiunsi'lfr-lUa.ss, I. 11. p. ■.'/ri. (Teubner.)

esi frappé au conlraire de lour parlait accord avec tout ce que nous savons par ailleurs de la doctrine d'Isocrate. La solution la plus séduisante de cette difficulté est donc celle qu'ont proposée Pfund et Rehdantz : il y a lieu de croire que quelque auditeur avait publié sous forme de notes l'enscif^nement, ou, comme ncnis dirions, le coio's du maître'. — Une seconde source, ce sont les allusions lecliniques éparses dans les discours d"lsocrate. ('Jiez aucun autre auteur elles nj sont aussi niimbreuses. (-'est que partout Isocrate reste rhéteur, un riiéteur incorrif^iblement vaniteux qui, de crainte que ses eli'ets ne passent inaperçus, s'arrête pour les signaler à l'admiration du lecteur, et, au besoin, les explique et les commente. L'écrivain est ainsi son propre critique, et nous initie lui même à bon nombre de ses procédés. — Enfin à ces témoignages directs il faut joindre d'autres informations qu'on peut tirer par induction de l'étude attentive des œuvres d'Isocrate. Certaines habitudes de style, de rythme et de composition une fois bien constatées, ne sera-t-il pas légitime en efïet de remonter aux règles dont elles sont l'application ?

Dans un curieux passage de VAntidosis, \soci\ilc établit une comparaison prolongée entre la rhétorique et la g\mnastique'. Arts parallèles et correspondants, dit-il, l'un pour l'âme et l'autre pour le corps, dont l'enseignement et les exercices sont tout semblables. De même que le pédotribe, dès qu'il a entre les mains ses élèves, leur apprend une à une toutes les figures {r/j,- [j.ïTi), c'est-à-dire les mou\ements, les attitudes, les coups de la lutte, ainsi le maître de rhétorique com-

1. Voir lilii.-^s. Diirr. cilc. 11. y. ;"i sq. ".'. Aniulosis, 181 sij.

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mence par détailler aux siens toutes les loéa; du discours. Reste à savoir ce que sont ces iii%'. : Isocrate emploie maintes fois ce terme, ainsi que son synonyme dcr„ mais sans les définir. Il faut, croyons-nous, conserver à ces deux mots le sens philosophique qu'ils ont souvent dans Platon et Aristote : celui d'espèce, division d'un tout qui est le genre. Ce qu'Isocrate veut /que le maître de rhétorique enseigne d'abord, ce / sont donc les espèces du genre oratoire, autrement dit tous les éléments qui entrent dans la composition d'un discours. Un terme si vague enveloppe forcément des choses de nature bien différente, et qu'une analyse plus savante nous a appris à distinguer et à classer. Les ilix'. d'Isocrate , c'est d'abord ce qu'on pourrait appeler les parties de quantité du discours : exorde, narration, preuves, épilogue". Parfois, au contraire, ce sont les parties de qualité : Isocrate cite en ce genre l'accusation, l'éloge, le conseil'. Autre part le mot ne peut guère se traduire que par idées, dans le sens que ce mot a pris en française En un sens assez voisin du précédent, l'socrate appelle isia; les diverses formes du raisonnement : l'enthymème, le vraisemblable (-à îîy.îTa), et les signes (-v/.'^/fty.T.)^ . Enfin le mot IHm a bien d'autres emplois encore; tantôt l'auteur désigne par là des figures de pensées, telles que l'antithèse, la métaphore^, tantôt des yîgures de mots, comme la

1. Voir Anlidosis, 280, où Isocrate applique le nom d' sTSo; à la preuve.

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