ICvnyoras
;i. Konfjoni.i, 9. Antidosis, 18L
.S. Invention : t'ov ïyo'nx Tr)v jjiiv 'j/u/riv cii^nXi ... . Su^a|iivr,v {Antidosis, IHO). — Jlisjiosition : tij jArÇai (rà; Kéaç) jtpb; àXX/jXaî zat Tocjai xocTà -.^ir.oi (C. les Snpitisles, 10). - Hlocntinn : -<ni Mj^i.m\v sifiOijnu; xat |j.ouny.(T); etnEîv (ibid.).
'i. Ànlidosis. IX'i, i")(i.
flatte de n'avoir jamais plagié personne". Avec de telles prétentions, comment se fait-il que l'originalité soit ce qui manque le plus à Isocrate ? C'est que pour ce rhéteur la forme a autant de prix que le fond. Ce qu'il appelle £v06;j.r|!;.a, o'.iv;'.a, ce n'est pas une idée pure, mais une idée qui a pris corps et revêtu une forme particulière. En ce sens Isocrate a raison de dire qu'il n'a jamais copié autrui, car, s'il est incontestable que la plupart de ses idées en politique, en morale, en art lui viennent de l'école socratique, il faut bien reconnaître aussi que tout ce qu'il emprunte, il le transforme, il l'embellit, il le marque de sa frappe personnelle. L'opinion véritable d'Isocrate sur l'invention, c'est dans une page du Panégyrique qu'il faut la chercher". Page peu citée et qui mérite d'être plus connue, car la théorie qu'Isocrate y expose très heureusement n'est pas seulement la sienne; toute l'antiquité l'a pratiquée, et elle est restée celle de nos écrivains classiques du dix-septième siècle.
« S'il n'était pas possible de présenter les mêmes faits autrement que sous une seule forme, il pourrait sembler inutile de répéter, au risque de fatiguer les auditeurs, ce qui a été déjà dit de la même manière; mais, puisque l'art de la parole a ce privilège de pouvoir exprimer diversement les mêmes idées, et tantôt rabaisser ce qui est grand ou relever ce qui est bas, tantôt prêter à ce qui est ancien l'air de la nouveauté ou les traijs de l'antiquité à ce qui est nouveau, il ne faut pas renoncer à dire une chose parce qu'on en a déjà parlé, mais s'efforcer de la mieux dire Le plus sûr moven, selon
moi, d'encourager les arts, et en particulier celui de la
1. A Nicocl(''S,Al. a. les .Sophistes, 12. Hélène, 13. Philippe, 94.
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parole, serait d'honorer et de récompenser, non pas ceux qui les premiers ont aborde un sujet, mais ceux qui en ont traité chaque partie avec le plus de perfection, ni les orateurs qui prétendent discourir sur des sujets dont personne n'ait parlé avant eux, mais ceux qui excellent à en parler comme personne ne pourrait le faire. » Sur la disposition, qu'il ne séparait point, du reste, de l'invention, Isocrate donnait aussi des prescriptions excellentes. Il en a rappelé lui-môme l'essentiel dans sa Lellre aux Jils de Jason. En rhéteur toujours ingénieux, il propose à ces jeunes princes, pour les engager à la vertu, une comparaison tirée de son art : « J'ai coutume de dire à ceux qui suivent mes leçons qu'en premier lieu il leur faut examiner le but du discours et de ses diverses parties; qu'une fois cela fixé avec précision, ils doivent rechercher les idées {-rq, t'îéa;) grâce auxquelles chaque partie sera réalisée et atteindra la fin qui lui est assignée. Mais ce que je dis de l'éloquence est un principe général, applicable aussi à tout autre objet et notamment à votre conduite. Votre conduite ne sera conforme à la justice que si vous avez d'abord déterminé après mûre délibération, comment vous devez gouverner l'ensemble de votre \ie, quel genre d'existence
adopter y\près. avoir arrêté tout cela, il vous faudra
veiller à ce que vos actions quotidiennes concourent à la fin que \'ous vous serez fixée dès le principe. Grâce à cette méthode, ayant pour ainsi dire devant les yeux un but [i\c d'avance, vous rencontrerez l'utile avec plus de sûreté. Mais si, sans vous être proposé d'abord une telle fin, vous faites la première chose venue, forcément vos pensées iront au hasard, et vous vous tromperez dans beaucoup de vos actions '. » Qui ne
1. § 8. — Lrs (ijuvri's d'IsuciulL' nous monlreiit, en niOnio temps
reconnaît là les principes mêmes de Socrate sur Tart de la composition? Isocrate les avait faits siens, et il v tient beaucoup :« C'est, dit-il, une de mes maximes les plus rebattues. » Beaucoup d'autres observations de détail proviennent également de cette source. On se rappelle, . par exemple, le précepte socratique sur la proportion nécessaire des parties entre elles et avec l'ensemble. « Il n'y a pas de discours parfait, déclare à son tour Is©crate, sans la proportion. » (C. les Sophistes, i3). Et dans le Panât hénaïque (§ i3) il s'arrête net, de crainte de <( dépasser la juste mesure prescrite aux exordes. » Ailleurs il interdit les digressions et épisodes, ce qui n'est encore qu'une forme négative du même précepte : « Le prosateur doit s'en tenir aux pensées propres à son sujet. » {Evagoras, lo). « Tout ce qui est dit en dehors du sujet est cause de trouble. » {Panathênaïque, 74) '. Relevons enfin ce que dit Isocrate sur l'harmonie générale du ton, sur l'accord nécessaire de toutes les parties, sur l'utilité de rattacher chaque pensée à la précédente.
que l'application, l'esprit de ces principef5. Rien de didactii[ue et qui sente Trcole dans sa façon de coiuposor. Sans doute il a toujours dans l'esprit un plan nettement élaljli; il sait, pour reprendre une citation heureuse de M. E. Uavel, « tous les chemins par où il doit passer. » Mais il se garde bien d'en étaler la carte devant le lecteur. C'est à nous de la reconstituer. Ajoutons que rien en général n'est plus facile, tant le dévelopjjement des parties est dans toutes ses œuvres naturel et harmonieux.
1. Chose curieuse, les digressions ne sont pas rares cependant chez Isocrate. Telle est sa tendresse de père pour tout ce qu'il écrit qu'il ne sait pas toujours sacrifier l'inutile. Mais, tout en violant la rogle, il serait fort humilié de paraître l'ignorer. Aussi a-t-il grand soin de dénoncer lui-môme ces longueurs, les excusant soit par l'importance des avis qu'elles contiennent, soit encore — admirez cette modestie — par la difficulté de régler son imagination trop féconde, soit enfin, dans ses derniers ouvrages, parla loquacité naturelle aux vieillards {Aréopagi tique, 63. Panathênaïque. 2.3, 88).
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Par ce dernier précepte il recommande l'art délicat des transitions, où il a excellé '. Toutes ces observations se trouvent, du reste, rappelées en une phrase du début de l'Antidosis, Sj, 1 1 : « Embrasser d'un seul coup d'oeil un discours d'une telle étendue, rassembler et associer tant d'éléments si disparates, rattacher intimement à celui qui précède celui qui suit, et faire que tous s'accordent ensemble, ce n'était pas là un médiocre travail. »
En fait de style^^ le jirincipe foridaniental posé par Isocrate est la séparation absolue de la langue de la prose et de celle de la poésie. Aux poètes les vocables rares, les néologismes, les métaphores, etc. Toutes ces parures et toutes ces hardiesses, Isocrate les interdit par contre aux prosateurs : il ne leur octroie que «les termes de la langue commune » (twv b/y^j.x-uri ~% zzo'/.rAy.i. i^.ivsv), ou, comme on ht encore dans un fragment de la tec/mé, « les termes les moins créés et les plus connus » (ïvsua .... •?, -:b T,y.'.'ïTa KîT:îir,;/évîv ■?, tô Yvto|;isA(î)':aTsv) ^. Le vocabulaire ainsi délimité, les qualités essentielles de la prose