Diogène Laerce, VIII
2. Ibid., 56, 70, 73; Elien, Hist. variées, XII, 32; Tertullien, De pall., c. 4 ; Suidas, s. v. 'E[i::eSox>.7)ç. ■
ces raffinements et ces clinquants de style, dont sa poésie abonde, et que Gorgias, son élève, devait un peu plus tard mettre en honneur dans la prose, trouvaient-ils déjà une place dans ses leçons'. En résumé, ce qu'on peut entrevoir d'Empédocle, comme rhéteur, nous montre en lui un maître, non de chicane, mais d'éloquence politique et surtout d'éloquence d'apparat, non un émule de Corax et de Tisias, mais un précurseur de Gorgias et de toute la lignée des orateurs épidictiques.
Beaucoup plus important fut le rôle des Syracusains Corax et Tisias; au témoignage d'Aristote, ce S(2nt Jes vrais fondateurs de la rhétorique grecque. Sur Corax nous avons des renseignements assez étendus, mais de basse époque malheureusement, et tout à fait dénués de critique. D'après l'auteur anonyme des Prolégomènes à la Rhétorique d'IIennogène^, Corax aurait d'abord vécu à la cour d'Hiéron, à titre de favori influent, presque de ministre. Mais la chute des tyrans ne le prit pas au dépourvu. Entreprenant, souple, disert, il sut gagner les bonnes grâces de la démocratie, comme il avait auparavant gagné celles du prince. « Ayant observé, dit le naïf auteur des Prolégomènes, que le peuple est chose naturellement instable et déréglée, et que c'est par la parole qu'on gouverne le caractère des hommes, il entreprit de persuader ou dissuader le peuple sur ses intérêts. Il se rendit donc dans l'assemblée, où tout le peuple était réuni. Là il commença par calmer, au moven de paroles insinuantes et flatteuses, le tumulte populaire : ce qu'il appela exorde (irp5:![j.tsv). Le calme et le silence obte •
1. Cf. Diels, Gorgias und Empedocles (Bericht. der Berlin. Akademie, 188't, p. S4.S sq.).