‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 130 sur 224 · Ihid · texte numérisé non relu

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techniques de zîpiîîi; et de -/.(oXîv, ce qui implique une théorie de la construction périodique et de ses éléments. Le même témoignage nous apprend en outre qu'Isocrate avait donné de la période une définition. Cette définition est aujourd'hui perdue '. Mais peutêtre en retrouvons-nous quelque chose dans un fragment de la lechnè : y.x; aî èr'; \J.ipoç iï otivîm TîXîis'j^OdJîxv èç'sa'jTà; %ip\.-^p%-fi\>.v/r.-; ce qui signifie que toute pensée doit former un cercle complet et circonscrit en luimême. Ces expressions sont un peu vagues, mais en évoquent d'autres d'Aristote, plus précises : « J'appelle diction liée celle qui n'a pas de fin en elle-même... J'appelle période une diction qui a en elle-même son commencement et sa fin '. » Il se pourrait donc que la définition aristotélienne ait été déjà en germe chez Isocratc. Parmi les règles de la période il faut rappeler encore le conseil déjà cité plus haut: « Que de deux conjonctions la conséquente réponde immédiatement à son antécédente. » Ce détail a plus d'importance qu'il ne le semble au premier abord. C'est en effet au balancement symétrique de deux particules corrélatives (telles que ti^sjtîv — c'ostî, su [j.ivsv — à\X% -/m, \>.h — oé, etc.) que bon nombre des périodes d'Isocrate, et les plus longues, les plus complexes, doivent leur équilibre si exact ainsi que l'harmonieuse et lucide distribution de toutes leurs parties. Isocrate nous livre donc là un des procédés essentiels de sa manière d'écrire '.

1. Anoinjm. ad Ileniioç/cn., dans Ips llhelores grneci de Walz, VII, p. 'M).

'i. Fragm. (i de la té/vii.

■à. Rhétorique, III, 9, p. l-'iO» A.

4. « Isocrate, dit M. Alf. Croiset, aimo à construire ses périodes

;i l'aide d'un toooOtov (tn-zs, d'un oùz àXXi qui en dessinent

tout d'abord les j^'randos ligues, et y tracent do larges cadres où

Mais toute période, en même temps qu'une construction logique, est une œuvre rythmique et musicale. Au sujet du rythme, les déclarations d'Isocrate semblent au premier abord contradictoires. On se rappelle le passage âe VÉvagoras où il exposait que le charme principal de la poésie vient des mètres (i^-s'pa, c:>\i.\>.t-?i^'-) et des rythmes (pyOïAîî, £jp!jf)[j.;a(), « deux avantages, ajoutait-il, refusés aux prosateurs. » Y\illeurs, au contraire, Isocrate revendique expressément, comme un des attraits de son style, le rythme '. Demandons encore à Aristote la solution de cette difficulté. « La prose, dit ce dernier, a besoin de rythme », mais il explique aussitôt que ce rythme ne doit être qu'approximatif, c'est-à-dire ne se montrer qu'au début et à la fin de la période^. Telle était aussi, sans doute, la pensée d'Isocrate : ce qui lui a permis de dire, selon les cas et toujours avec vérité, que la prose a un rythme, et qu'elle n'en a pas. En quoi consiste ce rythme? « Que la prose, dit un fragment de la technè, ne soit pas simplement de la prose (cela serait trop sec), ni du mètre (cela se verrait), mais un mélange de tous les rythmes, en particulier iambique et trochaïque \ » D'après ces indications, M. Blass s'est donné beaucoup de peine pour reconstituer la rythmi-

les idées seconrliiires viendront se ranger sfins confusion. On peut

dire que le moule de phrase résumé dans les mots ToaoÛTov owie

est presque aussi caractéristique d'Isocrate que le xat [ih Sij (raillé par Platon) est caractéristique de Lysias. On voit la différence : d'un côté, avec le xai [tàv 54, les idées se juxtaposent sans former

un tout; de l'autre, avec le Toaojrov watî, elles se subordonnent

et par conséquent s'organisent en un ensemble rationnel. » (Hisl. de la litléralure grecque, t. IV, p. 489).

1. Evagoras, 10. Anlidosis, -46. Philippe, 27. C. les Sophistes,

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