‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 132 sur 224 · Denys d'Halicarn., Isocrale · texte numérisé non relu

Denys d'Halicarn., Isocrale

d'Isocrate une fornie plus ré^'ulière que chez ses prédécesseurs : chaque mois avait lieu entre ses élèves une sorte de concours, à la suite duquel une couronne était décernée au vainqueur'. lin quoi ces exercices consistaient-ils? Il est assez facile de se le figurer d'après le passage, cité plus haut, de la Lettre aux Jîls de Jason. Probablement Isocrate proposait à ses élèves des matières toutes semblables à celles qu'il traitait lui-même. Il les aidait d'aboFa à dégager l'idée maîtresse du sujet, à en déterminer par avance les divisions principales. Puis, le plan ainsi établi, il en surveillait et dirigeait assidiiment l'exécution. Cette direction n^ se bornait pas à de simples conseils pratiques : « Il i'ajt, dit Isocrate lui-même dans son discours Contre les Sophistes, que le maître explique en détail, sans rien omettre, tout 'Ce qui est susceptible d'être enseigné, mais que pour tout le reste il s'olTre lui-même en exemple'. » Ce qui signifie que partout où le précepte n'eût pas suffi, Isocrate faisait lire comme modèle quelque passage de ses écrits. Ces lectures, je les imagine vivifiées par un commentaire où le maître dévoilait tous les moyens, tous les calculs, toutes les secrètes préméditati.jns de son art laborieux. Jamais art ne fut, comme on sait, plus conscient de ses procédés, et ne laissa une moindre part au hasard; jamais, par suite, initiation ne fut plus féconde que celle-là. Parfois même Isocrate faisait assister ses auditeurs, et les associait en quelque mesure à la lente élaboration de ses œuvres. Rien de plus curieux que les confidences que nous livre à ce sujet le Panalhénaïque'^. .'\rrivé aux deux tiers environ de cet ouvrage, Isocrate

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