‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 140 sur 224 · Kxtiiiiple, la Rhétorique à Alexandre, c. '-id et · texte numérisé non relu

Kxtiiiiple, la Rhétorique à Alexandre, c. '-id et

2. l'ixeniplcs. la Rhétorique à Hcrennins (1, 3-7), le De invenlione de C.icéron (I, lu sq.), Vlnslilulion oratoire de Quintilien (IV, 1).

3. Voir la collection des lihetores graeci. éd. Walz t>l SpenRel. '(. Aristote, Rhétorique, III, Xk, \\. 1415 A.

Moyens de rendre l'auditoire docile et atlenlif.

Pour rendre l'auditeur docile', toutes les rhétoriques prescrivent le même moyen : c'est de donner d'abord une indication sommaire du sujet", « afin, dit Aristote, que l'esprit puisse suivre plus aisément l'exposé, et ne demeure pas en suspens; car tout ce qui n'a pas été déterminé d'avance reste vague ^. »

Il y a plus d'artifice déjà dans les trois moyens qu'enseignait la technique pour commander l'attention'^ :

1. Ce mot a besoin d'être expliqué. Le terme grec eiiiaOïi?, assez mal traduit en latin par docilis et plus mal encore en français par docile, signifie « qui comprend, qui est en état de comprendre ». noiErv Tiva sù|xaOî) signifie donc « mettre quelqu'un en état de comprendre », c'est-à-dire de suivre l'exposé des faits. (Clcéron, Partit, orat., VIII, traduit ej;x»07Î; par inlellegens). ,

2. Rliétoriqiie à Alexandre, c. 29 (p. 54, Spengel) : £3-i oà t.'^'mIriiov ..... To5 nf^Yl^ato; li y.f^'ù.'x'.M \>.t^ swérjt 3>'|).ioa'.ç, îva yiYvo'jszuat -Ef."t mv ô W^os nxp».oX<,JO<.ia! Te tî) OnoOsaEt. Aristote, Rhétorique, 111, l'i, p. 1415 A : 3£rf[ii ioTt xoj Xdyou îva sposiôôiT. r.tfi oî [r,v] 6 "ki-^oç. lihétO-

rique à Hérennius, I, 4 : Dociles auditores habere poterimus, si summam causae breviter exponemus. Cicéron, De l'invention, 1, 16. Parlilions oratoires, VIII. Quintilien, IV, 1, 5 : (Docilem praestat), si breviter et dilucide suinmam rei... indicaverimus. Denys d'Halicarnasse, Lysias, 24.

3 Aristote, Rhétoriqîie, JII, 14, p. 1415 A.

4 Rhétorique à Alexandre, e. 29 (p. 54 Sp.) : -poî£/£iv il ::apx/.a-

),srv l/. TO'jTiDV Sv £ÎO£{r)aEv, e! /.aTxvorî(îat|j.sv «ùto'i rotot; [xiXi^Ta /.ai à^yoi; zat rpiÎYiiaat p.ouXeu'i'jtEvoi 5:poaÉ/0|j.£v • àp' ojv où toûtoi; , Biav rj OrÈp ij.Ei"i5'"Jv ï) 9o6£p5iv 7J -rûiv f|tJirv oîzedov flo-j/.EuwpLeOa; 5) cfâazuiiv [l;:iOEii£'.v] o! Xe^o^te; wç 5!/.a;a zaï /.aXà zal ouii^E'povTa xa'i pâoia /.»"i àXr/jrj £;:i3£fÇfjuaiv îjjirv, Èîp' â ;:pciT-:£iv rapcaaXoûaiv ; 5) ïtr|0Ci5i'< Tjpiûv àzoîiaat àuTîjv r.^oiiymxa.i x'ov voDv ; Aristote, Rhétorique, III, 14, 1415 B : jupoaEXTixo't oè to'; [t-z-^iXo::,, tok îo(oiç, Toî; Oauaauxot;, xos fjSÉoiv ■ Bib OEt êfi^oiErv ôi; jiEpt TOtoÙTwv & X^yoç.

I" Dites qu'il s'agit d'une chose importante, ou invraisemblable, ou sans exemple. Nul doute que cette prescription ne date des premiers temps de la rhétorique : on la trouve en effet déjà appliquée chez Lysias', puis réduite en formule chez Isée et Démosthène : « Si jamais vous avez apporté à quelque cause une attention sérieuse, je vous demande de le faire pour celle-ci encore : elle en est digne. Il s'est plaidé bien des procès en cette ville, mais jamais on ne vit quelqu'un prétendre si impudemment et si ouvertement au bien d'autrui. » ( Isée, Héritage de Kiron, 7. Démosthène, C. Aphobos, \, 7. C. Pantœnétos, 3. C. Zénothémis, 3) ■. — 2" Affirme^ que l'affaire n'importe pas à vous seul, mais aussi à vos auditeurs, et d'une façon générale à l'Etat. Antiphon use déjà de ce moyen : « Si j'ai intenté une action publique contre cet homme, c'est que j'ai souffert de lui mille maux, et qu'il vous en a fait souffrir davantage encore, à vous et à tous les autres citoyens ■*. » Un demi-siècle plus tard, au temps d'isocrate et de Démosthène, ce sera un déve-

lihetorique à Hérennius, 1, 4 ; Atteiitos liabebimus, si poUicebimm- nos de rebus magnis, novis, inusitalis verba factures, aut de lis rebus t\\\n-. ad roiii publieani pertineant, aut ad eos ipsos qui audiiint, aut ad deoruin iinniorlaliuin religionem; ot si rogabimus ut attente audiant; et si numéro exponemus [res] de quil)us rebus dicturi simus. Cicéron, De l'invention, I, 16 (à peu près même texte). Quinlilien, XI, 3 : Plerumque attentum quoque judicem facit, si res agi videtur nova, magna, atrox, pertinens ad exeniplum ; praecipue tamen, si judex aut sua vice, aut reipublicae commovotur, cujus aninius spe, metu, admonitione, precibus, vanitatc denique, si id prol'uturuni credemus. agitandus est. Denys d'Halicarnasse, Lysias, 'ik.

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