‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 146 sur 224 · Isocrate, Panégyrique · texte numérisé non relu

Isocrate, Panégyrique

allusion Socrate dans VEryxias : « Peut-être t'imagines-tu que mes discours, dénués de vérité, sont comme ces pions qui, aux échecs, donnent la victoire au joueur, en ôtant à l'adversaire tout moyen de se défendre?... Tu crois peut-être qu'il y a de certaines formules vraies ou fausses, qui procurent la victoire à celui qui s'en sert, quoiqu'il ait tort'. » C'est bien l'idée que Strepsiade, dans les Nuées, se fait des études sophistiques. Vieux, illettré, balourd, et avec la pleine conscience de ces défauts, irait-il se mettre à l'école de Socrate, s'il ne considérait l'enseignement socratique comme une sorte d'initiation occulte, qui s'achète d'un seul coup à deniers comptants'? Une autre opinion bien arrêtée de Strepsiade — et sur ce point encore le grotesque personnage est au fond l'interprète de l'opinion populaire — c'est que la rhétorique a pour fin dernière de mettre qui la possède en état de gagner tous ses procès, bons ou mauvais"'. Rappelons-nous à ce sujet les plaintes de l'honnête Isocrate : « Ces études, dit-il, quelques-uns les regardent comme niaiserie et pur charlatanisme; quant aux autres, ils prétendent que, si l'on devient grâce à elles plus habile, c'est à la condition de se pervertir, et que ce talent, une fois acquis, ne sert qu'à attaquer le bien d'autrui et à avoir l'avantage en justice'. » Rien, je

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