‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 147 sur 224 · Thkt., V. 98, 112 sq.. 167, 244, etc · texte numérisé non relu

Thkt., V. 98, 112 sq.. 167, 244, etc

4. Isocrate, Anlidoxix, l'JT, 2'i(;. — Comme preuve du bien-fondé (le ces plaintes, citons un curieux passage du plaidoyer de [Déluosthène], C. Lacrilos, 'lO : « fiertés, je n'ai jamais Irouvé mauvais ni condamnaljle, juges, qu'on veuille, devenir habile dans

l'art de la parole, ni qu'on paie les leçons d'Isocrate Mais ce

Lacritos, juges, ne se présente pas ici, fort de son droit; non ,

il se dit qu'il est habile, qu'il trouvera facilement de belles paroles pour couvrir des actes mnlhonnôles, ft pense qu'il vous conduira

crois, n'avait plus fait pour propager cet étrange préjugé que la promesse équivoque de Protagoras, de « rendre plus fort le discours plus faible. » Répandue parmi la foule ignorante, détournée de son sens strictement logique, parfois même altérée dans son texte par la malignité des comiques, cette formule est devenue l'acte même d'accusation de Socrate'. Voilà pour quelles raisons c'était à Athènes une circonstance fâcheuse que de se présenter devant le tribunal avec une réputation d'éloquence. A cet égard rien n'est plus concluant que le cas d'Antiphon : « 11 intervenait rarement lui-même, dit Thucydide, devant les tribunaux ou devant le peuple, parce que son renom d'éloquence le rendait suspect à la multitude^. »

2. D'autres lieux communs appartiennent à l'une seulement des parties. Dans toute cause grave, par exemple, n'y a-t-il pas une sympathie spontanée qui va, sinon à la personne même de l'accusé, du moins à sa situation et au danger qu'il court? Cette impression irraisonnée, l'accusé a tout intérêt à la fortifier dans l'esprit des juges, en leur en expliquant les causes. Il y avait donc là le sujet tout indiqué d'un de ces développements généraux, comme en composaient les rhéteurs. Il fut en effet rédigé de très bonne heure, sous forme d'exorde : c'est un parallèle suivi entre la condition des accusateurs et celle

où il voudra. C'est im art dans lequel il se vante d'être habile, il se fait payer et l'éunit des disciples pour l'enseigner. »

1. Xénophon. Economiques , 11, 2.5 : tb 4''5So; iXrfieç -o'.itv. Aristophane, Nuées, 115 : toOtov tôv ?-t£pov loîv Xàyoïv, xbv îjttovs, vuàv "kifovzi ?«3i Tiôi/*.'>Têpa. Isocrale, Antidosis, 15 : i|/2u3ô[i.5vov T»).r,6jj Xé^ov- To; Ir.iKonztU. 30 : TiXfa tÏ) ôîxaiov li Tot; i-^ïà<s\. 7:XtotZ7i.xtvt. — L'un des griefs formulés dans l'acte d'accusation de Socrate était : Siuxpdm);

àSixe; xbv jJxKO Xdyov zpîixTu jcoiûv "/.a\ dîXXou; x3t aùxà xauxa SiSdijxtov

(Platon, Avotoffie, 18 B).

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