‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 149 sur 224 · Voir p. 170 sq · texte numérisé non relu

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les accusateurs ont dans les combats judiciaires bien des avantages sur les accusés. Comme la lutte est pour eux sans danger, les premiers disent et inventent tout ce qui leur plaît, tandis que les accusés, par l'effet de la crainte, oublient une partie des faits... » (Hypéride, C. Ly'cophron\) C'est encore au fond la même opposition que Démosthène laisse deviner par une éloquente réticence au début du discours Sur la Couronne, | 3 : « Ce n'est pas la même chose, pour moi de perdre vos bonnes grâces, et pour lui de succomber dans son accusation. Lui, il m'accuse sans risquer grand chose, tandis que moi..., mais j'aime mieux ne rien dire de fâcheux au commencement^ »

3. Si la situation d'accusé est propre à inspirer la faveur, il V a au contraire des préventions instinctives contre le rôle d'accusateur. Toute accusation, si l'on n'a pris soin dès le début de la motiver, risque d'apparaître comme une agression. Les rhéteurs avaient prévu ce danger : pour que l'inculpé ne pût se donner des airs de victime, ils conseillaient de rejeter sur lui la responsabilité du procès'. Ainsi font en effet la plupart des plaignants athéniens : ils débutent par un court résumé de l'affaire, où ils entassent sans preuves force griefs, stigmatisant l'injustice, l'avidité, l'humeur querelleuse de l'accusé, qui les a forcés de recourir à la justice. Ici encore l'usage répété du même lieu commun a fini par donner naissance à une formule vive qui, une fois trouvée, a été reprise sans scrupule par tous : « Si nous

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