‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 150 sur 224 · Cf. encore Eschine, Ambassade, H · texte numérisé non relu

Cf. encore Eschine, Ambassade, H

3. Rhétorique à Alexandre, c. 36, p. 74 Sp. : SJo [lèv 5?; «otyEt'a

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sommes en lutte aujourd'hui, juges, Timocrate n'osera pas dire, je pense, qu'un autre que lui-même en est la cause... » (Démosthène, C. Timocrate, i). Même tour chez Dinarque ' et chez le faux Démosthène\ Le début du plaidoyer d'Eschine Contre Timarque offre une variante plus développée : « Si Timarque est en procès, il est clair que ce n'est ni la ville, ni les lois, ni vous, ni moi, qui en sommes la cause, que c'est bien Timarque lui-môme... » {% 3).

Mais c'est surtout dans un procès intenté à des parents, des amis ou des hôtes, que ces précautions sont utiles. Pour ce cas très délicat les Traités abondaient en préceptes : « Tous les rhéteurs, dit Denys d'Halicarnasse, recommandent, lorsque la poursuite est dirigée contre des parents, de fuir toute apparence de méchanceté et d'humeur querelleuse. En premier lieu ils prescrivent de faire retomber sur la partie adverse la responsabilité des poursuites, de dire que les torts étaient considérables, qu'il n'était pas possible de les supporter sans se plaindre; que les personnes pour lesquelles on a engagé la lutte sont de plus proches parents que celles qu'on poursuit; qu'elles sont sans appui; qu'elles méritent plus d'égards ; qu'on eCit paru plus coupable encore en ne les secourant pas. Ils conseillent d'ajouter qu'on a offert à l'adversaire de transiger ; qu'on lui a proposé un arbitrage d'amis; qu'on s'est prêté à tous les sacrifices possibles, sans pouvoir tirer de lui rien de raisonnable. Si les rhéteurs font toutes ces recomman-

1. Au début du plaidoyer perdu Ilpb; 'AvTtçav»iV nso'i too 'itit.om ir.o- >oY(ot (Harpoci-alion, s. v. (îyerov), dont Denys d'Halicarnasse, Dinarque, 13, nous a conservé les premiers mots : toC ,uiv è^a^o^,

2. [Démosthène], C. Léocharès, 3. Cf. C. Bneotos, II. 5. Couronne, 4. C. Olympiodoros, 3.

dations, c'est afin que l'orateur inspire une bonne opinion de ses mœurs : par là il gagne, la sympathie des juges '. »

Je ne doute pas que, dès la première moitié du quatrième siècle, tout cet ensemble de préceptes ne fût enseigné dans les écoles*. Ce n'est pas seulement dans le célèbre exorde du plaidoyer de Lysias Contre Diogiton qu'ils sont rigoureusement observés \ Même suite d'idées et de sentiments, d'abord dans un fragment d'isée cité par Denys d'Halicarnasse ', puis chez Démosthène, dans les trois plaidoyers sur la tutelle et dans le plaidoyer Contre Spoudias-. Voici, à titre d'exemple, l'exorde de ce dernier.

« Juges, Spoudias ici présent et moi, nous avons épousé les deux sœurs, filles de Polyeucte. Ce dernier étant mort sans enfants mâles, je suis forcé de plaider contre cet homme pour la succession. Si je n'avais fait tous mes efïorts, juges, pour arranger l'affaire et pour constituer un arbitrage d'amis, je m'accuserais tout le premier d'avoir préféré un procès avec tous ses ennuis à un léger dommage supporté avec patience. Mais plus mon langage a été conciliant et humain, plus j'ai rencontré de mépris de la part de Spoudias... »

1. Denys d'Halicarnasse, Lysias. c. 23. Cf. lihélorique à Alexandre, C. 36, p. 74 Sp. : a! 8e riept t"o r.(,x-^'xx Tj;j:6a!vou3a'. (5ta6oAa(), liy tiî np^Yf-^'^ù'lT"' "p'o; oizstou; 9!).ou; ?j Çevou; îj tSfou; ri -ept |j.'./.pô)V r; aîaypcûv • TïîÎTï fie àZo^ixi -oii 0!/.aîoar/oi; r.ouT... Ibid., p. 7.5 Sp. : xi; BÈ «p't t'o np3(Y[j.a o'jKoî àr.waiiLifi^, xtjv aÎTÎav et; Tov ivavtiov x^ir.ov-:;:, i) XotSopt'av ifxx- XoZ'iUi aCiTorç, T, ii8ix(av, r, -rXto'ii^ixt, rj çiXove-./.fîv, r, ^pf^jV, rpo^aatïiipisvo'. 8ii ToO ôixaîou 8i' àX).ou Tp6::ou tu/eîv àSûvatov.

3. Peut-être mt5me plus loi : voir Antiphon, C. la Marâtre, \-'2.

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