‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 157 sur 224 · Voir p · texte numérisé non relu

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i. Voir p. 157.

chez tous les représentants de cette manière nouvelle, que Denys d'Halicarnasse caractérise très heureusement du mot ■savoup-fia : la Kavsuf-;£a, c'est l'art savant et, en quelque sorte, perfide, qui prémédite tous ses effets'. — Qu'était-ce que râi:tîi-?;Yr,c'.ç, ou postnarration de Théodoros? Très probablement, comme l'indique son nom, une narration complémentaire, rejetée hors de sa place, soit dans la preuve, soit même au delà. Nous aurons l'occasion plus loin de signaler des morceaux narratifs de ce genre chez Isocrate, Isée et Démosthène^.

3. Sur l'ordonnance de la narration les rhéteurs donnent les règles suivantes : i° Lorsque les faits seront en nombre ordinaire, on fera de la narration un élément indépendant, d'où sera exclue toute espèce de preuves^. 2° Lorsque les faits seront multiples, on divisera l'exposé en un certain nombre de points, à chacun desquels on rattachera la série des preuves afférentes*. 3° Enfin il existe une troisième manière, caractérisée, dit Denys d'Halicarnasse, « par des transpositions de matières, et un complet dédain de la suite chronologique » (xupîwv àXXayaïç, «paYjjiûiTwv [j-STa^wf atç, tw [ay) xaTà tîÙç /pcvouç x% irpaY" [AXTa eîpr,G0a'.)5. Cgg règles sont en parfait accord avec la pratique des orateurs. Les deux premières manières sont les plus anciennes : Antiphon et Lysias, par exemple,

1. Denys d'Halicarnasse, Lysias, 14. Isée, 3, 15. Dinarque, 8. Jugement des anciens fV) 'ï"jiEp(Sr)5.

•2. Voir p. 272 et 274.

3. Rhétorique à Alexandre, c. 31, p. Gl Sp., et c. 36, p. 75 Sp.

4. Ihid. — Dans les discours épidictiques, où les faits sont nombreux, Aristole veut de même que la narration soit oùx ^jeÇ^; àXXà xaTà (i^po;, c'est-à-dire non continue, mais coupée en plusieurs parties, suivies chacune de ses preuves : et cela afin de venir en aide à la mémoire de l'auditeur {Rhélorique, III, 16 init.}.

5. Denys d'Halicarnasse, Isée, 14-15. Cf. Aristote, Rhélorique, III, 16, 1417 B : ;:oX>,aj(oO Zi Zzï hirf'jtïtAa.t xa\ hloxt où/, h àayfi.

n'en connaissent point d'autre. Beaucoup plus libre est la troisième, où narration et preuve se mêlent intimement : nous en étudierons l'origine et la nature dans le chapitre suivant.

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