‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 165 sur 224 · C. iô sq · texte numérisé non relu

C. iô sq

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mettre cela en lumière, et s'en faire une arme contre elle.

« Si, au contraire, la loi écrite est pour nous, nous dirons que la formule « selon ma conscience » ("P'wiAr) -rî) iptoTT]) n'est pas une invitation à prononcer contrairement à la loi, mais une précaution pour éviter au juge un parjure, au cas où il ne la connaîtrait point. — Que personne ne vise le bien absolu, mais son bien propre. — Que ne pas avoir de lois, ou ne pas les appliquer, c'est tout un. — Qu'en aucun art il n'y a avantage à vouloir « en remontrer à son médecin », et que la désobéissance au médecin est un bien moindre mal que la désobéissance au magistrat. — Et que vouloir être plus sage que les lois, c'est une chose défendue dans les législations les

plus vantées

« On peut à propos du serment distinguer quatre cas. Ou bien vous déférez le serment et l'acceptez en même temps vous-même; ou bien vous ne faites ni l'un ni l'autre; ou bien vous faites l'un sans l'autre, c'est-à-dire que vous déférez le serment sans l'accepter, ou que vous l'acceptez sans le déférer. Un autre cas encore, c'est quand le serment a déjà été prêté antérieurement par l'une ou l'autre partie. Si vous ne déférez pas le serment, dites que le parjure est chose trop facile; que votre adversaire, en jurant, échapperait au châtiment, tandis que, n'ayant pas été admis à jurer, il y a toute chance qu'il sera condamné; qu'en tout cas, vous préférez vous [en remettre aux juges, parce que vous avez confiance en eux, et non en votre adversaire. — Si vous n'acceptez pas le serment, dites que ce serait le mettre à prix d'argent; que, si vous étiez un malhonnête homme, vous auriez déjà juré, vu qu'il vaut mieux se montrer malhonnête pour quelque chose que pour rien; qu'en jurant vous auriez gain de cause, tandis que, dans le cas con-

traire, vous ne l'aurez peut-être pas, et que, par conséquent, c'est par honnêteté, non par crainte d'un parjure que vous vous abstenez. Et ici le mot de Xénophane sera de circonstance : « 11 n'y a pas égalité, quand un homme impie défère le serment à un homme pieux; c'est comme si un homme robuste provoquait un adversaire chétif à la lutte. » — Si vous acceptez le serment, dites que vous avez confiance en vous-même, mais non en votre adversaire, et retournez le mot de Xénophane : « Il }' a égalité, lorsque c'est l'impie qui défère ie serment, et l'homme pieux qui l'accepte. » Ajoutez qu'il serait étrange de refuser soi-même le serment, quand on l'exige de ses juges. — Si vous déférez le serment, dites que c'est un acte de piété que de vouloir s'en remettre aux dieux, que votre adversaire n'a pas besoin de chercher d'autres juges, puisque vous lui offrez d'être son propre juge à lui-même; et qu'il serait étrange qu'il se refusât à jurer, quand il trouve bon que les juges le fassent. — Maintenant que l'on sait ce qu'il faut dire dans chaque cas, on sait par là même ce qu'il faut dire en accouplant les cas deux à deux, lorsque, par exemple, on accepte le serment sans le déférer, ou qu'on le défère sans l'accepter, ou qu'on l'accepte en même temps qu'on le défère, ou qu'on ne fait ni l'un ni l'autre. Ces cas n'étant qu'une combinaison des précédents, les arguments qu'on donnera seront aussi une combinaison de ceux qu'on a indiqués. — Si vous avez prêté antérieurement un serment contraire à vos affirmations actuelles, dites qu'il n'y a point pour cela parjure, que c'est en effet la volonté qui fait le crime, et que le parjure est bien un crime, mais que ce qui est obtenu par force ou tromperie est involontaire. Ce sera ici le lieu de citer le mot bien connu, que « c'est l'esprit, non la langue qui commet le parjure. » —

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Si c'est l'adversaire qui a juré précédemment, dites que ce serait tout bouleverser que de ne pas s'en tenir aux choses jurées; que c'est la raison pour laquelle les lois elles-mêmes n'ont de vigueur qu'après avoir été sanctionnées par un serment : « Quoi, dira-t-on encore, nous « voulons, juges, que vous restiez fidèles au serment « que vous avez prêté pour juger, et nous ne reste- « rions pas fidèles au nôtre! » Et bien d'autres formes encore d'amplification. »

Tous ces arguments, il serait facile de le montrer', sont en elïet d'usage courant chez les orateurs attiques.

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