‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 168 sur 224 · Aristote, Rhétorique, 1, 13, p. 1374 A · texte numérisé non relu

Aristote, Rhétorique, 1, 13, p. 1374 A

2. Ce premier cas a])parlient à l'état de conjecture ; tout le reste du morceau se rapporte à l'étal de qualité.

passé ou présent, et, à défaut de lui, quelqu'un de ses proches'... »

On reconnaît dans ces lif^nes Vélat de qualité avec toutes les espèces indiquées par les rhéteurs : ràv:(ata3!ç {comparatio ou compensatio), par laquelle raccusé, avouant son délit, objecte qu'il en est résulté un bien plus grand, — la cj-f/vwiAir; (purgalio), par laquelle il nie l'intention et allègue « l'erreur, le hasard, la nécessité », — V xt-vc/.Xri[).% (relalio criminis), qui consiste à rejeter la faute sur le plaignant, — la [AîTàsTasi; (rcmotio criminis), qui la fait retomber sur une tierce personne, etc.

Enfin, en un troisième passage, Aristote revient encore avec plus de clarté sur les états de conjecture et de qualité, qui sont sans contredit les deux plus fréquents.

« Comme le débat ne peut porter que sur quatre points, il faut ramener toute démonstration à l'un d'eux. Par exemple, la question est-elle de savoir si le fait a eu lieu ou non, c'est sur ce point qu'il faudra devant le tribunal faire porter la démonstration; ou de savoir si le fait a été ou non dommageable, c'est à ce point qu'il faudra s'attacher. Et de môme, si l'on soutient que le fait n'est pas si grave, ou qu'il est conforme à la justice'. »

La théorie des états de causes se retrouve aussi, au moins en germe, dans la Rhétorique à Alexandre. Peutêtre même y est-elle exposée avec plus de précision et de méthode que chez Aristote. Voici d'abord en quels termes l'auteur explique les trois positions difiérentes que peut prendre un accusé pour sa défense :

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