‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 17 sur 224 · Voy. plus bas, Seconde partie, chapitre iv · texte numérisé non relu

Voy. plus bas, Seconde partie, chapitre iv

ginale de leur œuvre. Aristote, qui nous apprend qu'à cette théorie du vraisemblable se ramenait au fond toute la technè de Corax, l'expose en ces termes'. Il y a deux sortes de vraisemblable : ce qui est vraisemblable absolument £Ï/.iç âzXô:?, et ce qui ne l'est que relativement eî-/.:ç Tt. Supposez un homme faible inculpé de coups et blessures par un fort : voilà, pour qui juge d'une façon absolue, une accusation invraisemblable. Mais renversez l'hypothèse : supposez un fort poursuivi pour le même motif par un faible. Dans ce cas encore, l'accusation sera invraisemblable, du moins sous un certain rapport (tî) ; car comment croire que la prévision des soupçons n'ait pas suffi à détourner l'homme fort de l'acte qu'on lui reproche' ? Platon, dans le Phèdre, attribue à Tisias le même exemple, mais en le compliquant : « Tisias a écrit que si un homme faible, mais courageux, est traduit en justice pour avoir battu un homme vigoureux, mais lâche, et lui avoir pris, je suppose, son manteau, il ne faudra de part et d'autre dire un mot de vérité. Le lâche prétendra qu'il a été battu par plusieurs agresseuis, et non par un seul plus brave que lui; l'autre, au contraire, prouvera qu'ils étaient seuls, et partira de là pour raisonner ainsi : «Faible comme je suis, comment aurais je pu m'en prendre à un plus fort? » Celui-ci à son tour, en répliquant, se gardera bien d'avouer sa lâcheté, mais fera quelque autre mensonge, par où il fournira peut-être à son adversaire l'occasion de le réfuter. Tout le reste est dans ce goût, et c'est là le fond de la technè de Tisias -\ » L'auteur de

1. Aristote. RMtorique, II, 24, p. 1403 A : ïoti ^"h. ToJtou toSTéitou

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