Volkmann, ouvr. cité, p
mande le pardon d'une faute, au nom des services précédemment rendus. — Enfin il n'est pas jusqu'aux formes principales de l'état de 7-écusation qui ne soient prévues et écartées d'avance. | 83 : « N'accepte^ pas un autre moyen de défense, à savoir que nous nous avisons bien tard de le punir... ». | 85 : «J'entends dire aussi que, pour se justifier, il s'en prend à ces mots de l'acte d'accusation è-' aiTîoxôpM... ». ^ 88 : « ./'apprends encore qu'il va invoquer et serments et conventions : il dira que cette poursuite est contraire aux serments et aux conventions, que le parti du Pirée et celui de la Ville ont Jurés... »
Il est manifeste d'ailleurs que Lysias a constamment à l'esprit, quand il plaide, les deux états de conjecture et de qualité, que ce sont là les deux formes générales auxquelles il ramène toute discussion. Exemples, ces formules : « Qu'il prouve donc, ou qu'il n'a pas fait mettre à mort ces citoyens, ou qu'il les a fait mettre à mort justement » (C. Agoratos, 84). « // faut donc qu'Eratosthène prouve, ou qu'il n'a pas arrêté mon frère, ou qu'il l'a fait justement » (C. Eratosthène, 34). Même opposition encore dans le plaidoyer C. Philocratès, 5.
Poussons notre recherche plus avant encore dans le cinquième siècle. La première Tétralogie d'Antiphon n'est-elle pas une revue presque complète des ressources de l'état de conjecture? Dans cet état les rhéteurs conseillent à l'accusateur de rechercher, parmi les mobiles qui peuvent nous pousser à mal faire, ceux qui sont applicables à l'accusé. « L'accusé a-t-il , d'après vous, agi non par passion, mais avec réflexion, démontre!{ les dommages qu'il voulait éviter, les avantages qu'il avait en vue, et amplifiez-les autant qu'il vous sera possible, pour prouver qu'il avait une raison suj-
Jisante de commettre la faute » (Cicéron, De invent., II, 6). Ainsi faisait déjà Antiphon. Dans le plaidoyer Sur le meurtre d'IIérodès l'accusé ramène à trois principaux mobiles les causes morales que l'on peut assif^ncr à un meurtre : haine, crainte de quelque danger, désir de gain. Et il prouve : i" que lui-même n'avait pour assassiner Hérodès aucun de ces trois motifs; 2" que Lykinos, dont on le représente comme l'ailidé, était dans le même cas'. Il y a là évidemment un cadre tout fait : on le retrouve en effet en partie dans la première Tétralogie^, et même chez plusieurs successeurs d'Antiphon, notamment chez Lysias ' et Démosthène'*. — Entre les préceptes des rhéteurs et le plaidoyer d'Antiphon on peut même faire des rapprochements de détail plus précis encore. « Dans ce lieu, dit Cicéron, l'accusateur s'attachera surtout à démontrer que personne autre que l'accusé n'avait de motif pour commettre ce délit, ou du moi7ïs n'en avait un si grand et si particulier. Si quelque autre semble avoir eu un motif de le commettre, on démontrera qu'il n'en avait ni le pouvoir, ni les moyens, ni la volonté » {Ibid.). C'est là exactement, on se le rappelle, la marche que suit l'accusateur dans la première Tétralogie. Le crime, afïirme-t-il, n'est pas le fait d'un malfaiteur; il ne peut davantage être imputé à un ivrogne; on ne saurait songer à une querelle fortuite; enfin il n'est pas le résultat d'une confusion de personnes. Et l'accusateur donne les raisons précises pour lesquelles chacune de ces hvpothèses doit être écartée. Sa conclusion, c'est que, seul,