‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 179 sur 224 · L EPILOGUE AU SENS LARGE · texte numérisé non relu

L EPILOGUE AU SENS LARGE

I I. — Éloge de soi et invectives contre l'adversaire.

Le nom qui convient le mieux à cette partie du plaidoyer est celui de rJ.z-î\.ç à-/. t:j Y;Oîaï que lui donne Aristote : ce sont des preuves morales, tirées des antécédents des deux plaideurs'. Venant après la preuve proprement dite, elles en sont un complément et une confirmation. C'est là, du reste, un élément dont ne laissent pas de tenir compte aussi nos tribunaux modernes. Mais chez nous cette enquête contradictoire est l'œuvre d'un magistrat, instructeur qui y apporte l'impartialité et la discrétion nécessaires, tandis qu'entre, les mains des parties elle dégénérait forcément en panégyrique et en injures.

Ces deux morceaux parallèles et antithétiques ne manquent dans presque aucun plaidoyer. Chose plus curieuse encore, l'ordonnance même en est strictement réglée par la tradition : chacun d'eux en effet comprend presque toujours deux parties distinctes, relatives l'une au plaideur lui-même, l'autre à ses ancêtres et, d'une

tes : enumerationem, in(li;,'nalionein, conquestionem » (Cicéron, De l'Invention, I, 52, 98). Cette division elle-même n'est pas irréductible. Le second élément (ampliQcatio , indignatio), n'étant qu'un moyen d'éveiller les passions, peut être considéré comme une forme partieulii-re du troisième (commiseralio, conquestio). Cicéron, dans les Partitions oratoires, XV, 52, fait déjà cette réduction : amplilicalio, enumeratio. De même Quintilien (VI , 1, 2).

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