‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 181 sur 224 · Démosthéne, Couronne · texte numérisé non relu

Démosthéne, Couronne

aussitôt le marchand de sardines d'à côté s'écrie : Voilà une façon de faire ses provisions qui sent la tyrannie! Demande-t-on de la ciboule pour assaisonner des loches, voilà la marchande de légumes qui cligne de l'œih: Hé, tu demandes de la ciboule; aspires^tu à la tyrannie? Ou bien crois-tu qu'Athènes te doit en tribut tes assaiso»nements'? » Cet esprit de suspicion, du reste, n'était pas sans quelque fondement : la faction oligarchique ne désarma jamais à Athènes. Rejetée des affaires publiques, elle continua à conspirer sourdement dans les clubs (îTxipîai)- I^ar deux fois même, bien peu d'années après ces railleries d'Aristophane, elle revint au pouvoir, grâce à la violence et à l'appui de l'étranger. Et les cruautés et les exactions des Quatre Cents et des Trente, donnèrent alors la mesure de la haine froide et exaspérée qu'elle nourrissait contre le peuple. Aussi, malgré l'amnistie jurée, ne faisait-il pas bon, dans les années qui suivirent le rétablissement de la démocratie, être suspecté d'oligarchisme. C'est ce que laissent deviner plusieurs plaidoyers de Lysias, écrits à cette époque. Les plaideurs s'v font gloire d'avoir porté les armes contre les Trente, et aidé Thrasybule à rétablir le gouvernement populaire". Tout au moins se défendent-ils d'avoir pris part au mouvement réactionnaire, et proclament-ils bien haut leur dévouement au régime rétabli (î'vjj:; tvxi ToTç y.:t6£îTT,«c:i 7:pi'([J-^Gi)\ Mais, dans les idées antiques, la qualité de bon démocrate {oT,\i.z-'.v.iç) ne s'acquiert pas uniquement par des actes personnels : elle est aussi un héritage de famille. « Le bon démocrate, dit Eschine, doit pouvoir citer quelque service rendu au peuple par

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