Lysias, Corruption, 1. Biens d'Aristophane
3. Lysias, C. Mantithéos, l'i. Biens d'Aristophane, 'lA. Démosthène, C. Midias, KU, 165. Couronne, 171. C. Phormion, .38 sq. P. Phormion, 85.
chonte Théopompos, je fus nommé chorège de tragédies, et tirai 3o mines de ma bourse. Trois mois après, aux Thargélies, j'obtins le prix avec un chœur d'hommes faits, et il m'en coûta 2,000 drachmes. Plus 800 sous l'archonte Glaukippos, aux Grandes Panathénées, pour une troupe de pyrrichistes. Sous le même archonte, aux fêtes de Dionysos, je remportai le prix avec un chœur d'hommes faits, dont les frais, avec la consécration du trépied, montèrent à 5, 000 drachmes. Ajoutez 3oo sous l'archonte Dioclès, aux Petites Panathénées, pour un chœur cyclique. Pendant tout ce temps, c'est-àdire sept années entières, j'ai été triérarque, et j'ai de ce chef déboursé six talents. Non content de ces dépenses et des dangers que j'afirontais tous les jours pour vous loin de ma patrie, j'ai versé encore une première contribution de 3o mines, et ensuite une autre de 4,000 drachmes. A peine de retour ici, sous l'archonte Alexios, je me chargeai aussitôt d'une gymnasiarchie aux fêtes de Prométhée et remportai le prix, d'où une dépense de 12 mines. Depuis, il m'en a coûté plus de i5 pour un chœur d'enfants. Sous l'archonte Euclide, je fus chorège de comédies avec Képhisodotos ' et remportai le prix, ce qui monta à if» mines avec la consécration des costumes. Plus 7 mines aux Petites Panathénées, pour une troupe de pxrrichistes imberbes. Plus i5 mines, que je dépensai dans un concours de trières près de Sounion, où je fus vainqueur. Et je n'ai pas compté dans tout cela une archithéorie, une arrhéphorie, et
1. Je trailuis d'après une conjecture personnelle (xw;ji<f>3oi; <tjy> ■/oprifôw K/jçiioôitiii hUiùv). Avec la leçon ordinaire -/opr^-^ôïv le datif Kri^piooSiTio est inexplicable; la traduction latine Didot : ludis comicis choreoidn ngens, dum Cephisodolus erai chori mofjisler, vici no saurait se tirer du texle. — Sur la synchorégie ou diorégie à <leux, voir O. \;iv:u-r('. Dionysos, p. 1").
d'autres charges semblables, pour lesquelles j'ai déboursé plus de 3o mines. Or, si j'avais voulu m'en tenir aux termes stricts de la loi, je n'aurais pas fait le quart de ces dépenses '. »
Jusqu'ici nous avons vu des plaideurs se prévaloir du généreux emploi qu'ils avaient fait de leur fortune. Mais il n'est pas rare de les entendre aussi promettre pour l'avenir force largesses. C'est surtout dans les procès d'héritage que de telles promesses sont opportunes. Chaque compétiteur s'engage, au cas où il obtiendrait les biens en litige, à ne s'en regarder que comme le dépositaire au nom de l'État, et à prodiguer chorégies, triérarchies et contributions; et il ne manque pas, par contre, de dépeindre son adversaire ou comme un prodigue qui dissipera follement l'héritage, ou comme un avare qui n'en distraira pas une obole au profit de la République". Ici encore nous saisissons sur le vif la toute-puissance de l'idée de l'État à Athènes. Car qu'estce au fond que cet argument, sinon une invitation à peine déguisée de subordonner la justice à l'intérêt social ! Nul doute qu'un jury populaire n'y fût sensible.
Par une extension naturelle du mot, le devoir militaire est appelé souvent chez les orateurs une liturgie (XeiTsupfeïv tw cwjxaTt). A Athènes, comme chez nous, ce devoir, irréprochablement rempli, comptait pour beaucoup dans les bons antécédents du plaideur. C'était donc un grand point que de pouvoir dire : « J'ai servi dans toutes les guerres pour la patrie. — Ne me chassez pas de ma patrie, pour laquelle j'ai couru tant de dan-