‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 187 sur 224 · I^ysias, Corruption, 1 sq · texte numérisé non relu

I^ysias, Corruption, 1 sq

2. Lysias, Biens d'Aristophane, 6"2. Corruption, 1.3-14. Isée, Héritage de Philoctémon , 61. Démoslhène, C. Aphohos, II, 19-20, 22, 24. — Cf. Isée, Hérit. d'Apollodoros, 35, 42. Lj'sias, IIcp i Sr,[io(j{t.)v «St/.j](AiTwv, 10. Démosthène, C. Nausimachos. fin.

gers! » ou, sur un ton plus emphatique : « Quel serait mon malheur, si j'étais privé de ma patrie, après avoir livré pour elle tant de combats et sur terre et sur mer ' ! » Quand on avait accompli personnellement quelque action d'éclat, il va de soi qu'on ne s'en tenait pas à des termes si vagues. C'est ainsi que nous voyons un client de Lysias, Mantithéos, s'étendre longuement, faute de liturgies, sur ses faits de guerre. Eschine aussi détaille tout au long ses campagnes très honorables, qui font contraste avec le silence absolu de Démosthène sur le même sujet". A défaut d'actes personnels, on rappelle au besoin quelque beau fait d'armes d'un parent : un plaideur vante la bravoure de son oncle et de son cousin germain morts à la guerre, un autre exalte celle de son arrière-grand-oncle -.

Il est rare qu'à cet éloge de sa vie publique l'orateur n'ajoute celui de sa vie privée ^ Les vertus privées se rap-

1. Isée, Héritage d'Apollodoros, 41. Lysias, C. Simon, 47. Olivier, 41. — Cf. Idem, Corruption. 11. ^r['x. xitïX. àzolo-^ix, 12. Démosthène, C. Midias, 95.

2. Eschine, Ambassade, KîiJ sq. Lysias, Corruption, 9. P. Mantithéos, 12-18.

3. Démostliône, C.,Théocrinès, 00. C. Euboulidès, 37-38. Eschine, Ambassade, 149.

4. Lysias, P. Mantithéos, 10-11 : y.A ti liàv 'Sia ojtu Sio'ixnixa • nsp\ U TÔJv zoivwv... Cf. Démosthùne, C. Arislogiton, ï, 70. Dinarqnc, C. Arislogiton, 8. — II est ù remarquer du reslo qu'entre ces deux domaines la frontière était loin d'être aussi trandiéo que de nos jours. En veut-on une preuve? Un client de Lysias, après avoir loué sa conduite privée, annonce qu'il va parler de sa vie publique. Or qu'allégue-t-il? Sa moralité sans reproche, son éloi^nement des plaisirs honteux, tels que le jeu et lo vin, et encore cette circonstance qu'il n'u jamais été l'objet d'un procès civil (jui tou-

1^^ chat à son honneur. Toutes choses sur lesquelles un moderne ^Brefuse à l'Etat tout droit de contrôle (P. Mantithéos. 11-12). Les ^■Grecs au contraire estimaient, selon le mot d'Arisiote (Politique, ^B V [Vlll], 1, p. 130, Bekk.) que « le citoyen ne s'appartient pas à

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portent à deux ordres de devoirs : envers le prochain, et envers la famille. A l'égard du prochain, c'était déjà un mérite rare à Athènes qu'une humeur accommodante, éloignée des querelles et des procès' : Thucydide et Aristophane sont d'accord, on le sait, pour stigmatiser l'esprit processif de leurs compatriotes'. C'est là ce qui donnait du prix à des déclarations telles que cellesci : «Je n'ai jamais attaqué personne en justice. — J'ai toujours supporté avec patience l'injure. — Je me suis toujours efforcé d'arranger mes litiges à l'amiable'. » Aussi cet argument est-il recommandé à la fois par la Rhétorique à Alexandre^ et par la Rhétorique d'Aristote^ Certains plaideurs renchérissaient encore sur ces déclarations : « Non seulement je n'ai pas été accusateur, disent-ils, mais personne ne m'a accusé moimême^. » Bonheur bien exceptionnel sans doute dans une ville où nul n'était à l'abri des sycophantes, et où tel homme politique, comme Aristophon d'Azénia,

lui-même, mais que tous appartiennent à l'Etat, car chacun d'eux est une partie de l'Etat. » Voir des déclarations semlslables chez Platon, Lois, VII, 790 B. Lysias, Corruption, 19. Isée, fragm. 30, éd. Scheibe (= Stobée, Florileg., V, 54).

1. Le citoyen paisible, rangé, est dit xiai-iio;, [xÉ-pio;, <jt!)cppu)v. Le citoyen querelleur et processif est dit r.oh-ir-.ç.'i-^^M'), tpiWSt/.o;.

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