Déiuosthéiie, P. Phormion
secourable à toute infortune, je me tais'. » Et à l'appui de ces affirmations on cite, s'il y a lieu, les actes d'humanité ((fiXav6pu):r(Gtt) qu'on a accomplis. Naturellement ces actes sont très divers. Néanmoins les conditions de la société attique faisaient que la charité s'y manifestait principalement sous trois formes : la caution, l'éranos, et le rachat des prisonniers. Le cautionnement, exposant à de graves responsabilités, était un service des plus importants, qui n'était usité qu'entre intimes amis^ Aussi voit-on l'un des plaideurs fictifs d'Antiphon mentionner les cautions dont il s'est chargé : preuve de la valeur qu'on attribuait dans les causes réelles à cet argumenta — Le même plaideur cite aussi les éranoi auxquels il a pris part. L'éranos était, comme on sait, un prêt d'amitié, sans échéance fixe, à ce qu'il semble, et sans intérêt*. Un Athénien avait-il besoin à l'improviste d'une somme considérable (par exemple, pour se racheter des mains des pirates), il était d'usage que ses amis se cotisassent en sa faveur, chacun selon ses moyens. C'est dans ces occasions que se révélaient les vrais et les faux amis. Aussi est-ce un lieu commun chez les plaideurs, pour prouver qu'ils sont humains et sensibles à l'amitié, de rappeler les éranoi auxquels ils ont participé'. — Le rachat des captifs est aussi une des actions que les Athéniens honoraient le plus. « Si quelqu'un