‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 192 sur 224 · Lysias, C. Agovalos · texte numérisé non relu

Lysias, C. Agovalos

4. Lysias, P. Mantithéos, 10. Isée, Héritage d'Aristarchos, fin.

5. Lysias, Biens d'Aristophane, 59. Démosthène, Couronne, 268.

malheur de sa naissance ne lui fasse haïr les lois, sauvegarde de la démocratie '. » Et, cette condition posée, Eschinc s'applique à montrer que Démosthène n'y satisfait pas, étant fils d'une Scythe". Sensible à cet outrage, Démosthène se venge en le renvoyant aggravé à son ennemi : « Qu'est-ce que ton père, sinon un esclave qu'on a vu porter les fers? Tu as su par la fraude l'introduire dans un dème, et te voilà depuis peu, d'esclave que tu étais, devenu citoyen et homme d'État \ » Midias n'est pas mieux traité : Démosthène l'appelle un enfant supposé, acheté d'occasion par celle qui passe pour sa mère; et dans l'insolence de Midias il signale la tare persistante de son origine barbare'*. Ce n'est pas le lieu de montrer avec quelle facilité se faisaient les inscriptions frauduleuses sur le registre civique : avec de l'intrigue et de l'argent, les bâtards, les étrangers, parfois même les esclaves extorquaient un vote favorable des démotes^. On comprend donc qu'il fût toujours aisé de contester à son adversaire le titre de citoyen''. Pour donner à cette imputation un air de vraisemblance, il suffisait de quelque circonstance équivoque. Il est bien certain, par exemple, que le père d'Eschine n'avait jamais été esclave ; mais des revers de fortune l'avaient réduit pendant un temps à un office subalterne, voisin de la servitude. Il est probable également que la mère de Démosthène ne descendait pas de race

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