Aristote, Rhétorique, III, 19, p. 1419 B
C'est par Aristote qu'on peut se rendre compte du développement qu'avait atteint dès le quatrième siècle la théorie de l'amplification '. Selon cet auteur, on amplifie principalement au moyen des lieux suivants : en montrant que l'inculpé est le seul qui ait commis un tel méfait dxivo?); — ou qu'il est le premier qui en ait donné l'exemple (xpuT:;); — ou que bien peu l'avaient commis avant lui (|j.:-:' èXÎYOJv); — ou qu'il a porté la méchanceté à son comble ([/iXicxa); — en alléguant le temps et l'occasion (ypîvc. xa; /.aipiO; — le lieu (sî tjxsi) : par exemple, le faux témoignage est d'autant plus coupable qu'il est commis dans le sanctuaire de la justice; — l'âge (aï f,).-.y.îai); — les moyens (aî Suvip.ît;); — la difficulté (tî -/aXc- KWTepîvj; — la manière (oStio;); — la répétition (-cXÀi-/.:;), parce qu'elle prouve qu'il n'y a pas eu seulement hasard; — la préméditation (h. zp;v:ta;); — V atrocité inouïe de l'acte (to Or;p'.o)S£j-:î::v); — les rapports antérieurs avec la victime : si, par exemple, c'est un bienfaiteur (js'sj tZ TTÉTCîvOsv); — en montrant que dans le délit qu'on poursuit jt>/MsieMrs sont contenus (rsXXi); — ou par la comparaison (àvT!7:apa5aXXîiv) , qui sert à montrer que le crime dont il s'agit est bien plus grand que tel autre (dans ce lieu Aristote englobe évidemment le lieu très usité du contraire, i-f. -rûv âvavTÎwv); — par la division d'une chose en ses diverses parties (îiaipiit;) : de la sorte, il semble qu'on la multiplie; — par la gradation (izuxo- Ssi;.£Tv); — ou enfin par l'asyndète (xi iz^/U-i), dont les effets sont à peu près les mêmes. Etc.. La plupart de ces lieux se retrouvent aussi, sous d'autres noms, dans la Rhétorique à Alexandre'.
1. Aristotfi, liheloriqiie, 1. 0, p. 1308 A. Cf. I, 9, p. l:î(u 11 ; I. l'i. p. ia")7 A ; 1, 7, p. 13(>5 A ; III, i>, p. H18 B.