C"esl le troisième de la Rhétorique à Hérennius
66; C. Néèra. 77; Dinarque, C. Aristogiton, 22 '.j Cet argument semble à l'usage exclusif de l'accusation. Il }• a cependant pour l'accusé un mo\en de le retourner à son profit : qu'il dépeigne son adversaire comme un sycophante. Dès lors il aura droit, à son tour, d'invoquer l'intérêt public :
« Deux sortes de gens, dit Andocide, sont venus ici vous entendre, avec des intentions bien différentes : les uns, pour savoir s'il faut se fier aux lois établies et aux serments jurés, les autres pour connaître par votre jugement s'ils pourront faire impunément le métier de
sycophantes et d'accusateurs Oui, Athéniens, il en
est ainsi : la cause présente m'est personnelle, mais votre sentence aura une portée générale. Elle décidera si l'on doit se fier à vos lois, ou échapper aux sycophantes, soit en les achetant, soit en fuyant loin d'eux et de la patrie. » (Andocide, Mystères, io5; Antiphon, Meurtre d'Hérodès , 80; Lysias, Meurtre d'Ératos' thène, 3, 47; P Callias, 5; Démosthène, P. Phormion. 58.)
De même aussi le lieu : multos alacres exspectare quid statuatur^, a été ramené de très bonne heure à une rédaction à peu près fixe : « Tous les hommes politiques sont venus ici, non pour nous écouter; ce qu'ils veulent savoir, c'est le jugement que vous allez
1. Cette formule comporte une variante accommodée au cas où l'accusé est un personnage considérable par son éloquence, sa richesse, son influence politique : « Dites-vous bien que, si vous punissez des inconnus, personne n'en deviendra meilleur, car votre verdict restera ignoré de tous, au lieu que, si vous vous en prenez à des coupables illustres, tout le monde apprendra la chose, et cet exemple rendra plus sages les autres citoyens » (Lysias, C. Alcibiade, I, 12-13. C. Nicoinachos, 23-24. C. Epiera tes, 5-7. Dinarque, C. Démosthène, 27).