‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 204 sur 224 · C'est le quatrième de la Rhétorique à Hérennius · texte numérisé non relu

C'est le quatrième de la Rhétorique à Hérennius

porter sur les coupables. Si donc vous acquittez ces hommes, ils estimeront qu'on ne court aucun danf;er à vous trahir, et à jouir ensuite du fruit de son crime; mais si vous le condamnez à mort, par un seul et même verdict vous rendrez les autres plus retenus, en môme temps que vous tirerez vengeance de ceux-ci. » (Lysias, C. Epicratès, 7; C. Nicomachos, 23-24; ^- Eratosthène, 35; Isocrate, C. Callimachos, 42; Démosthène, C. Dionysodoros, 48. Cf. Andocide, Mystères, io5.)

Remarquez que ces diverses formules ne sont, au fond, que des variantes d'un argument psychologique, déjà maintes fois signalé : il s'agit de persuader aux juges qu'ils ont, par quelque côté, un intérêt personnel dans la cause.

Toutefois ce n'est qu'à partir d'isée' que l'amplification prend une large place dans la rhétorique judiciaire. Sans doute le fait est dû à l'influence de l'art épidictique, représenté alors avec tant d'éclat par Isocrate. L'amplification, comme le remarquait déjà Aristote, est par excellence le moyen oratoire de cet écrivain \ Et cela est vrai môme de ses plaidoyers. Qu'on lise entre autres son plaidoyer Contre Lochitès : d'un bout à l'autre, ce n'est qu'une série ininterrompue d'amplifications. On ne peut donc guère douter que dans son enseignement Isocrate n'insistât sur celte figure, pour en montrer la puissance et les formes variées. Or plusieurs des orateurs de ce temps, Isée, Lycurgue, Hypéride, ont été d'après la tradition les élèves d'isocrate; et sur les autres son influence, pour n'avoir pas été directe, n'en est pas moins visible.

1. Cf. Denys d'Halicarnasse, hi'e, 16 : aûÇstv « jiiXXov x»\ S£!v(S'icp« r.oitïi ti rpifciaiTa (par comparaison avec Lysias).

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