‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 207 sur 224 · Platon, Phèdre, 267 C · texte numérisé non relu

Platon, Phèdre, 267 C

2. L'unique fragment qui nous reste du recueil d'épilogues d'Antiphon offre en particulier un beau mouvement pathétique. Nous l'avons cité p. 135 (Blass, fr. 70).

,3. Rhétorique à Alexandre, c. 34 et 36 (p. 64, 66, 78, 82 Sp.). 4. Démosthène, C. Midias, 190

colère et de la haine fiffV v.v. (xîjîç), sentiments qui sont les plus propres à rendre les juges sévères à l'égard des accusés'. » N'y a-t-il pas dans ces deux passages, surtout dans le dernier d'un ton presque didactique, un ressouvenir de l'école?

Après avoir classé les passions, la plupart des Manuels' donnent une liste détaillée de moyens pour les faire naître. Cela est sec, précis, uniquement tourné vers la pratique. De là on pourrait déjà induire que ces listes sont très anciennes. Mais ce qui achève de le prouver, c'est qu'Isocrate a inséré, assez gauchement, un fragment de l'une d'elles dans son plaidoyer Sur l'Attelage, i 48. Ce fragment donnera une idée suffisante du genre : « La seule réalité, juges, devrait suffire, à défaut des paroles, pour émouvoir votre pitié, s'il est vrai que la pitié soit due à ceux que menace un péril immérité (a), qui combattent pour les plus grands intérêts (g), qui sont tombés dans une situation indigne d'eux-mêmes ou de leurs ancêtres (v), qui ont perdu de grandes richesses (8), qui ont éprouvé un cruel changement de destinée (e). » Tous ces moyens se retrouvent, en effet, prescrits dans la plupart des Rhétoriques postérieures-\ Qu'on suppose chacun de ces cas développé par nombre d'exemples, ramené à des formules toutes faites, on se représentera sans doute assez fidèlement l'enseignement des rhéteurs.

La pitié. — Entre toutes les passions que doit savoir soulever ou apaiser à son gré l'orateur judiciaire, il en

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