‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 208 sur 224 · Isocrato, Anlidosis,'Sl · texte numérisé non relu

Isocrato, Anlidosis,'Sl

2. Par exemple, la Rhétorique à Hërennius (II, 31), le De inventions de Cicéron (I, .55).

•S. Voir en particulier Rhétor. à Hérennius, ihid. Gicéron, De inventionc, ibid.

est une à laquelle la rhétorique romaine attribuait le premier rang : c'est la pitié. Elle n'appartient pas exclusivement à l'accusé; au plaignant aussi il importe d'en connaître le maniement, ne fût-ce que pour la combattre. Ajoutez que parfois même les rôles changent, et que c'est le plaignant qui implore la pitié, en raison des torts et des outrages qu'il a soufierts'. Pour ces motifs plusieurs rhéteurs latins, entre autres l'auteur de la Rhétorique à Hérennius et Cicéron, substituaient purement et simplement, dans la division traditionnelle de l'épilogue, la pitié (commiseratio, conquestio) aux passions (affectus)^. Voyons quelles étaient sur ce point les idées des Grecs.

Tout accusé Athénien sollicite, avant de descendre de la tribune, la pitié de ses juges : c'est là une partie indispensable de tout plaidoyer (èAsiu dzSilr,). Il y avait pour cela deux ou trois formules fixées par la tradition, dont on ne s'écartait guère : « Je vous en prie, juges, je vous en supplie, je vous en conjure (:£:|j.ai j^i-ûv, w âvîpc; ô'.y.aîTï':, -/.a- îy.îTîùo) -/.ai àvTi6s/>(tf), ayez pitié de moi, et ne me livrez pas à mes ennemis. » Telle était la plus usitée et la plus simple. Parfois cependant, pour donner à sa prière quelque chose de plus personnel et de plus touchant, l'accusé y insérait une allusion émue à ses vieux parents, ou à ses enfants, ou à ses frères et sœurs, comme s'il eût eu moins de souci de sa propre infortune que de celle de ces êtres chers. C'est le quinzième lieu de la conquestio dans le De inventione de Cicéron : « Quintus decimus (locus misericordiae), per quem non nostras sed eorum qui cari nobis debent esse forlunas conqueri nos demonslramus... » Il est

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