Voir plus liiuit, p. 2-2G. n
2. Aristotp, lihéloriijue, 1,1.— Cf. Meier-Schiiraann-Lipsiu.s, Allisch. Process, p. Wà n.
sence d'un dieu, me supplie, par pitié pour eux, de le soustraire au châtiment : « Si tu aimes la voix de l'agneau, prends pitié de celle de mon fils... » Alors nous détendons un peu les cordes de notre colère'. » Description burlesque sans doute, mais où il )• a bien moins d'exagération qu'on ne pourrait le croire. Ecoutez, par exemple, Démosthène poursuivant Midias : «Il va gémir, je le sais, tenant dans ses bras ses jeunes enfants; il s'humiliera à plaisir, il versera des larmes, il se fera aussi pitoyable qu'il pourra^. » Ou bien encore accusant Eschine : « Il va pourtant pleurer...; peutêtre va-t-il vous présenter ses jeunes enfants et les faire monter à côté de lui^... » Et Eschine, à son tour, dans le discours Contre Clésiphon raille d'avance les larmes et la VOIX gémissante de Démosthène : « Il pleure avec plus de facilité que d'autres ne rient^ » Souvent, surtout dans les procès d'Etat, se joignaient aux membres de la famille ceux qu'on appelait les cjvYJYipî'., des amis politiques, des hommes influents. Les uns prononçaient de véritables discours, mais la plupart se bornaient à joindre leurs supplications à celles de l'accusé. Dans la péroraison du discours Sur V Ambassade Eschine se montre ainsi à nous, escorté de son père nonagénaire Atrométos, de ses frères Philocharès et Aphobétos, de plusieurs autres parents et alliés, de ses enfants en bas âge, enfin d'un groupe d'amis politiques comme Eubule, Phocjon, Nausiclès. Ces plaintes et ces gémissements de l'accusé, cette présentation des parents et des amis en larmes, tout cela était une sorte de