Voy. parex. Platon, Ménon,9[ A
2. Plutarqiifi, Vie de Tluhnislovlf, 2, d.'finit très hpurensptnpnt la 3uy{i : tf,v xxXou;jiSvriv ooyfïv, oïjav 5i SstviiT»)T» jtoXixix»iv xï\ Spaoti^fiov oivcsiv.
tion intellectuelle des jeunes Athéniens, riches et de naissance noble? L'éducation de ces privilégiés répondait à peine aux matières de notre enseignement primaire actuel : la lecture, l'écriture, quelques éléments de calcul et la récitation des anciens poètes en faisaient tous les trais. Encore la lecture des poètes visaitelle bien moins à former le goût de l'écolier qu'à lui suggérer par de beaux exemples et de nobles conseils l'amour de la patrie et de la vertu. Voilà tout l'enseignement littéraire, auquel il faut joindre, pour être complet, quelques notions musicales, savoir : le chant et le jeu de la Ivre. Vers quatorze ans au plus tard, ce cours d'études étant terminé, l'enfant passait des mains du grammatiste et du cithariste en celles du pédotribe. Et, en somme, c'est cette éducation gymnastique qui, dans les idées du temps, tenait le premier rang, car d'ordinaire l'Athénien la prolongeait volontairement bien au delà de l'éphébie, jusque dans l'âge mûr, par la fréquentation du gymnase et de la palestre '. Un homme d'État comme Thémistocle n'avait pas reçu d'autre instruction théorique que celle-là. Quant à la vertu domestique et civile, on n'imaginait pas qu'elle pût être un objet d'enseignement. Chacun l'acquérait empiriquement, par l'exemple, par la fréquentation des hommes, par la pratique quotidienne des affaires.
/ C'est à^rotagora^^ que revient l'honneur d'avoir, le
' prerriier en Grèce, professé ouvertement cette science de
la vie pratique. « Ce que j'enseigne, disait-il, c'est le bon
conseil (eùSsuXIa), dans les choses domestiques, afin qu'on
gouverne le mieux possible sa maison, et dans les choses
l publiques, afin qu'on soit capable de traiter par la
■1'. Paul Qiraivd, L'éducation athénienne au V<^et au iV« siècles av.J.T.-C, p, 100.
parole et l'action les affaires de l'Etat '. » Les autres sophistes usaient de formules toutes semblables. « Protagoras d'Abdère, Prodicos de (>éos et tant d'autres savent, dit Socrate, dans les entretiens particuliers, persuader aux hommes de leur temps que jamais ils ne seront capables de gouverner ni leur famille ni leur patrie, s'ils ne se mettent à leur école ^ ». De même encore, dans le / Ménon , ce que le jeune Thessalien de ce nom vient chercher à l'école des sophistes, c'est « la sagesse et la vertu (?) aofiot. xat àpïTYj), grâce auxquelles les hommes apprennent à bien gouverner leur maison et leur patrie^'. » C'était là, comme on voit, un programme d'éducation très vaste. La politique et la morale y sont comprises, aussi bien que la rhétorique. Mais cette dernière nous intéresse seule ici, —
Au reste, c'est aussi la rhétorique qui, par la force même des choses, prit dans l'enseignement des^phistes la première place. Chose curieuse : à côté des formules si larges qu'on vient de lire, nous n'aurions aucu ne peine en effet à en citer d'autres, où ces mêmes maîtres semblent réduire leur enseignement à un objet unique, l'étude de la parole. Qu'on ne se hâte pas de voir là comme une faillite des sophistes à leur ambitieux programme. C'est qu'à leurs yeux il y avait une relation intime, une pénétration réciproque de ces trois termes : « pensée, parole, action. » Isocrate peut passer pour leur interprète fidèle, lorsque, parlant de son art, il l'appelle \ tour à tour « une étude du discours, un exercice de la réflexion, un apprentissage du bien vivre. » Dans une