‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 27 sur 224 · Platon, Ménon, 01 A · texte numérisé non relu

Platon, Ménon, 01 A

page fine de VAixtidose, il montre d'abord que pensée et parole ne sont que les deux faces du même acte intellectuel : « Parler comme il convient est la marque la plus sûre d'un sens droit (tîj tH, -^pivîTv)... C'est à l'aide de la parole que l'on discute avec autrui les choses controversées, et que l'on découvre pour soi-même celles que l'on ignorait; car les mêmes raisons qui nous servent dans le discours à persuader les autres, nous en usons aussi pour délibérer avec nous-mêmes. Et nous appelons^orateurs ceux qui ont le talent de parler devant la fou le,^l^ hommes de bon conseil ceux qui savent le mieux discourir en eux-mêmes surjes affaires'. » Ailleurs, avec la complaisance et la part d'illusion naturelles à un rhéteur enthousiaste de son art, îsocratè' met en lumière les rapports de l'art oratoire et de la \ vie morale. Des sujets grands, beaux, d'intérêt général, des exemples tirés des actions les plus nobles et les plus utiles, voilà le genre d'éloquence qu'il recommande. A son avis, de tels modèles exercent la plus salutaire influence sur l'orateur, influence qui s'étend à toute sa 1 conduite et à toutes ses actions. De sorte que, pour qui conçoit ainsi l'éloquence, apprendre à bien parler, c'est apprendre à bien vivre ^ Tels sont, selon Isocrate, les rapports internes de la parole avec la pensée qu'elle traduit et avec l'action qu'elle suggère. Ces idées, il n'y a nulle témérité à les attribuer déjà aux sophistes. Mais à défaut de motifs plus nobles, il en est un, d'ordre tout pratique, qui devait fatalement amener les sophistes à se restremdre à l'enseignement de l'éloquence; ce sont les exigences de leur clientèle, composée surtout de jeunes hommes riches, nobles, dont l'ambition

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