‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 29 sur 224 · Ihid., 508 C. Cf. 486 A et 5ai U-C · texte numérisé non relu

Ihid., 508 C. Cf. 486 A et 5ai U-C

PRINCIPAUX MODKS d'eNSKIGNEMKNT UK LA SOPHISTIQUE.

% 1. — Les lectures d apparat (èsiSîiçetçl.

Rien de plus varié naturellement que les procédés d'enseifinement des sophistes. Autant que nous en pouvons juger, ilirsS'Tarssënt ramener cependant à quatre principaux :

i" Les i-ioîih'.;, c'est-à-dire les lectures publiques;

2" Les séances d'improvisation ;

3" La critique des poètes;

4" Les disputes éristiques.

Peut-être aucun sophiste n'a-t-il pratiqué ces quatre genres à la fois; mais il importe peu, notxe.butjyétant pas de décrireja manière propre de tel ou tel sophiste, mais les formes diverses d'enseignement par où la sophistique a contribué au progrès de l'éloquence.

Les leçons ou, comme on dirait aujourd'hui, les t:onférences des sophistes portaient sur les sujets les plus divers. Entre celles que nous connaissons il n'y a guère qu'un trait commun : ce sont des morceaux d'apjiarat, rédigés en beau style, .ajoutons que 'la plupart développent un thème moral. Grâce aux résumés et aux paraphrases que nous lisons chez F^laton, Xénophon et Aristote, on peut encore se faire quelque idée du genre. Citons comme exemple, d'abord, le mythe de Prométliée et Epiméthèe, dans le Prolagoras. Il s'agit pour Protagoras de prouver que la vertu est chose qui s'enseigne — une thèse souvent reprise depuis par les sophistes : à ce propos, Platon lui a prêté une ample et ingénieuse

fable, où est narrée la façon dont les dieux, à l'origine du monde, procédèrent à la distribution des biens et des maux entre les bêtes et l'homme". Il y a là très certainement un pastiche de la manière de Protagoras, probablement même une reproduction plus ou moins littérale de quei^que morceau célèbre de ce maître.

De Prodicos^on rival, nous connaissons jusqu'à trois de ces leçons d'apparat. La plus célèbre, c'est le beau mythe, resté populaire, d'Héraclès au carrefour, dont le sophiste avait fait à Athènes, nous dit Xénophon, plusieurs lectures très goûtées. Prodicos n'était pas l'inventeur de ce sujet, car on en trouve déjà les éléments essentiels dans les Travaux et les Jours d'Hésiode (v. 285); mais ce qui lui appartenait et ce qui en avait fait le succès, c'étaient les amples développements, la forme à la fois dramatique et oratoire dont il l'avait revêtu. Xénophon, dans les Mémorables, nous en a conservé une paraphrase assez exacte, samble-t-il, pour le fond, sinon pour l'expression, qui donne une idée très favorable de l'original'. — Il est question encore dans un dialogue pseudo-platonicien, ï'Axiochos, d'une conférence sur les Misères de la vie humaine, que Prodicos avait faite chez Callias, fils d'Hipponicos. Il y montrait le nouveau-né faisant son entrée dans le monde par des larmes et des cris. A partir de la septième année commence la vie d'écolier, qui se prolonge jusqu'au delà de l'éphébie sous le dur joug des maîtres. Et pourtant que sont ces ennuis de la jeunesse auprès des épreuves qui attendent l'homme fait? Il faut d'abord choisir une carrière; puis vient le service militaire avec les campagnes, les blessures. Enfin arrive insensiblement la vieil-

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