Platon, Protagoras, 320 D-332 E
S. Xénophon, Mémorables, II, 1.
lesse, qui concentre toutes les misères de l'humanité. « Aussi les dieux, qui connaissent nos misères, ne prolongent-ils pas la vie de ceux qu'ils protègent. » A l'appui de cette pensée Prodicos citait le cas d'Agamédès et de Trophonios qui, ayant demandé à Apollon Pythien une faveur après lui avoir élevé un temple, ne se réveillèrent plus; puis, l'histoire de la prétresse d'Argos, qui pria liera de récompenser la piété de ses deux fils, et la nuit suivante les trouva morts; et, enfin, des passages pessimistes d'Homère et d'Euripide sur les maux de la vie. La conclusion de Prodicos, c'était que la mort est une délivrance; car ce qui périt en nous, c'est le corps seul. Et le corps, ce n'est pas l'homme; l'homme, c'est l'âme, qui est immortelle. Il combattait les vaines craintes que la mort inspire, en disant qu'elle n'est quelque chose de réel ni pour les vivants, puisqu'ils vivent encore, ni pour les morts, puisqu'ils né sont plus'. — Dans un autre dialogue apocryphe, V Eryxias ,'^^^ocràxè\ résume une conférence sur l'Usage des richesses , qu' il a, dit-il, recueillie de la bouche de Prodicos dans le Lycée. Le sophiste y établissait que la richesse n'est pas un bien
1. [PlatoiiJ, Axioclios, 30(i 15 sq. Il est bien dilTicile de déterminer exactement dans ce morceau ce qui appartient à Prodicos et ce qu'ajoute Socrate. La description des misères des dilTéreiits âges (360 D, sq.) est rapiiortée expressément au sopliisle. Quant aux légendes d'Agamédès et Troplionios et de la prétresse d'Argos, et aux citations d'IIomére et d'Iùiripidc, on doit aussi, croyousnous, les attriljuer à Prodicos. Le doute est plus justilié en ce qui concerne le tableau des inconvénients attachés aux différentes professions ; à la tin de ce tal)leau, on peut même aflirmer que Socrate ne parle plus que pour sou compte. La conclusion (i 3(55 D sq. et 360 B) est foruiellement attribuée à Prodicos. — Il semble certain, d'ailleurs, que Prodicos avait fait plusieurs conférences sur ce môme sujet. Socrate, en effet, déclare d'»l)ord qu'il a recueilli ces idées aux cours payés du sophiste; puis il parle d'une séance qui avait eu lieu chez Callias; enfin, il t'ait allusion à une autre conférence encore (?|Xou<ja Si kots xa(...).
par elle-même, mais seulement pour les hommes vertueux et qui savent en bien user, tandis que pour les méchants c'est un mal ; qu'elle est un mal, par exemple, pour le débauché et l'intempérant, puisqu'elle leur fournit les moyens de satisfaire leurs passions mauvaises'.
Nous connaissons aussi d'Hippias le sommaire d'un Dialogue entre Nestor et Néoptolème, qu'il avait fait applaudir à Lacédémone aussi bien qu'à Athènes. « Je t'assure, Socrate, que je me suis fait dernièrement à Lacédémone beaucoup d'honneur en exposant quelles sont les belles occupations auxquelles un jeune homme doit s'appliquer; car j'ai composé là-dessus un fort beau discours, écrit avec le plus grand soin. Je suppose qu'après la prise de Troie, Néoptolème, s'adressant à Nestor, lui deinande quels sont les beaux discours qu'un jeune homme doit cultiver pour rendre son nom célèbre. Nestor, après cela, prend la parole et lui propose je ne sais combien de pratiques tout à fait belles. J'ai lu ce discours en public à Lacédémone, et je dois le lire ici dans trois jours, à l'école de Pheidostratos, avec beaucoup d'autres morceaux qui méritent d'être entendus : je m'}suis engagé à la prière d'Eudicos, fils d'Apémante. Tu me feras plaisir d'y venir et d'amener avec toi d'autres personnes en état de jugera »
Enfin, c'est probablement dans quelqu'une de ces lectures publiques que vGorgm)s avait développé ses idées sur la vertu, telles que nous les trouvons résumées dans le Ménoti : « Il n'y a pas, disait-il, un seul type de vertu pour tous; mais à chaque âge, à chaque sexe, à chaque condition sociale correspond une vertu propre. » Et il décrivait, à ce qu'il semble, chacune de ces vertus. Celle